Ça fait quoi d’avoir peur de l’abandon quand on est borderline ?

Ça fait quoi d’avoir peur de l’abandon quand on est borderline ?

Pour certaines personnes vivant avec un trouble borderline, la peur de l’abandon peut devenir extrêmement envahissante dans les relations affectives.

Parfois, il ne se passe presque rien.

Quelques heures sans réponse.

Un message un peu plus froid.

Un changement de ton presque invisible.

Et pourtant, intérieurement, tout peut commencer à basculer.

Le cerveau analyse chaque détail.

Cherche des signes.

Imagine le pire.

💡 Selon le NHS, la peur de l’abandon et les relations émotionnelles instables font partie des symptômes les plus fréquents du trouble borderline.

Chez certaines personnes, cette peur peut provoquer :

  • une angoisse très intense,
  • des pensées obsessionnelles,
  • une forte hypersensibilité au rejet,
  • ou un besoin urgent d’être rassuré.

👉 D’après Mental Health America, le trouble borderline toucherait entre 1,6 % et 5,9 % de la population au cours de la vie.

Et souvent, le plus difficile à expliquer…
ce n’est pas seulement la peur elle-même.

C’est l’intensité avec laquelle elle peut envahir tout l’esprit.

Le fait que quelques heures de silence puissent parfois donner l’impression qu’une relation entière est en train de s’effondrer.


Témoignage : vivre avec la peur de l’abandon quand on est borderline

Camille, 24 ans

“Je crois que les gens ne comprennent pas à quel point ça peut prendre toute la place dans la tête.

Ils pensent souvent que c’est “juste un message”.

Mais pour moi, ça ne l’est jamais vraiment.

Je me souviens d’un soir où un garçon avec qui je parlais tous les jours a arrêté de répondre pendant quelques heures.

Au début, ça allait encore.

Je me suis dit :

‘Il est occupé.’

Puis une heure passe.

Puis deux.

Et là, mon cerveau commence à changer.

Je vais relire la conversation.

Puis encore.

Je regarde si son ton était différent avant.

S’il a mis moins de cœurs.

S’il avait l’air plus froid.

Je regarde son “en ligne”.

Ses stories.

Puis je commence à me demander pourquoi il est connecté sans me répondre.

Et là, la boule dans le ventre arrive.

Celle que je connais trop bien.

Comme si quelque chose de mauvais allait forcément arriver.

Le pire, c’est que je sais parfois que je suis en train de vriller.

Je le sais vraiment.

Mais je n’arrive plus à arrêter les pensées.

Mon cerveau passe de :

‘Il répondra plus tard.’

à :

‘Il ne veut plus de moi.’

en quelques minutes.

Cette nuit-là, je crois que j’ai regardé mon téléphone toutes les deux minutes.

Je le posais.

Puis je le reprenais aussitôt.

J’allais sur Messenger.

Puis Instagram.

Puis WhatsApp.

Encore.

Encore.

Encore.

Je regardais même s’il avait vu ma story.

À un moment, j’ai désactivé ma propre connexion pour qu’il ne voie pas que j’étais encore réveillée.

Comme si ça allait changer quelque chose.

Puis j’ai supprimé ma photo de profil.

Je crois qu’au fond, j’espérais qu’il le remarque.

Qu’il comprenne que quelque chose n’allait pas.

Sans que j’aie besoin de lui dire directement.

Et plus le silence durait,
plus j’avais l’impression d’être abandonnée.

Pas juste ignorée.

Abandonnée.

Comme si la relation entière était en train de mourir sous mes yeux.

Je me faisais déjà des scénarios dans ma tête.

Lui qui s’éloigne.

Qui se lasse de moi.

Qui rencontre quelqu’un de plus simple.

De moins “épuisant”.

Le pire, c’est la douleur physique.

Les gens parlent rarement de ça.

Mais moi, je le ressens vraiment dans le corps.

La poitrine serrée.

Le ventre noué.

Une sensation de vide énorme.

Comme si tout mon intérieur paniquait.

À un moment, j’ai commencé à écrire un message passif-agressif.

Puis je l’ai supprimé.

Puis réécrit.

Puis supprimé encore.

Je voulais qu’il comprenne que j’avais mal…

sans avoir l’impression de mendier de l’attention.

Et quand finalement il a répondu…

normalement…

en disant juste qu’il avait passé la soirée avec des amis…

j’ai eu honte immédiatement.

Une énorme honte.

Le lendemain matin, la première chose que j’ai faite en ouvrant les yeux,
c’est regarder mon téléphone.

Comme si une partie de moi avait encore peur qu’il disparaisse pendant la nuit.

Je relisais mes messages en me disant :

‘Tu vas encore faire fuir quelqu’un.’

Et le pire dans tout ça…

c’est que malgré cette honte,

malgré l’épuisement,

malgré le fait de savoir que mes réactions sont parfois excessives…

je sais que si ça recommence demain,
je ressentirai probablement exactement la même chose.”


Pourquoi la peur de l’abandon est-elle aussi forte dans le trouble borderline ?

La peur de l’abandon borderline peut devenir extrêmement envahissante émotionnellement, même lorsque le danger de perdre l’autre n’est pas réellement présent.

Un simple silence.

Une réponse plus froide.

Quelques heures sans nouvelles.

Et le cerveau peut déjà commencer à imaginer une rupture, un rejet ou un abandon définitif.

C’est cette hypersensibilité au rejet qui rend parfois certaines relations si douloureuses à vivre dans le trouble borderline.

👉 Derrière certains comportements impulsifs, certaines crises émotionnelles ou certains besoins constants d’être rassuré, il y a souvent une peur profonde de perdre les personnes auxquelles on tient le plus.

Et quand cette peur se déclenche,
quelques heures de silence peuvent parfois ressembler à un abandon réel.

Le plus difficile, c’est que même lorsque la personne sait que ses pensées deviennent excessives…
la douleur, elle, reste bien réelle.

Si ce témoignage t’a parlé, tu peux aussi découvrir :

Et parfois,
le plus épuisant,
c’est de savoir que malgré toute cette souffrance…
la peur reviendra probablement encore.


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Si ce que tu viens de lire te parle, ou si certaines phrases ont réveillé quelque chose en toi, sache que tu peux aussi retrouver des capsules audio courtes (2 à 3 minutes) pour continuer la réflexion autrement.

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Ces capsules ne cherchent pas à te “changer”, mais à mettre des mots sur ce que tu vis, parfois quand c’est difficile à formuler soi-même.

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