Ça fait quoi de se sentir rejeté quand on est borderline ?
Pour certaines personnes vivant avec un trouble de la personnalité limite (TPL), le rejet peut être l’une des émotions les plus douloureuses à vivre.
Parfois, il ne s’agit même pas d’un rejet réel.
Un message qui reste sans réponse.
Une invitation oubliée.
Une personne qui semble plus distante que d’habitude.
Et soudain, une inquiétude apparaît.
💡 Selon le NHS, les personnes vivant avec un trouble borderline peuvent présenter une forte sensibilité au rejet, à la critique ou aux signes perçus d’abandon.
Chez certaines personnes, une situation qui semblerait anodine à quelqu’un d’autre peut provoquer une souffrance émotionnelle très importante.
Cela peut provoquer :
- une profonde tristesse,
- une montée d’angoisse,
- une remise en question brutale,
- ou l’impression de ne plus compter pour l’autre.
Parfois, quelques minutes suffisent pour passer d’un simple doute à la conviction d’avoir été rejeté.
Et souvent, le plus difficile…
c’est que la douleur ressentie est bien réelle,
même lorsque le rejet n’existe peut-être que dans notre propre interprétation.
Témoignage : se sentir rejeté quand on est borderline
Claire, 34 ans
Pendant longtemps, je n’ai pas compris pourquoi certaines situations me faisaient aussi mal.
Ce n’était pas forcément des grandes disputes.
Ni des ruptures.
Parfois, c’était juste un détail.
Un message sans réponse.
Une invitation où je n’étais pas conviée.
Ou quelqu’un qui semblait un peu plus distant que d’habitude.
Et pourtant, à l’intérieur, j’avais l’impression que quelque chose se brisait.
Je me souviens d’une soirée où plusieurs amis étaient sortis ensemble.
J’ai découvert les photos sur les réseaux sociaux.
Ils souriaient.
Ils avaient l’air de passer un bon moment.
Et moi, je n’étais pas là.
Personne ne m’avait insultée.
Personne ne m’avait dit qu’il ne voulait plus me voir.
Mais dans ma tête, une seule idée tournait en boucle :
« Ils ne veulent plus de moi. »
Plus je regardais les photos,
plus cette idée semblait réelle.
Je zoomais sur les visages.
Je regardais qui était présent.
Je me demandais depuis quand c’était prévu.
Pourquoi personne ne m’avait proposé de venir.
Et au fil des heures, je me suis convaincue que quelque chose avait changé entre nous.
Je me demandais ce que j’avais fait de travers.
Si j’avais été trop présente.
Trop envahissante.
Trop compliquée.
Une autre fois, une amie a mis presque une journée entière à répondre à un message.
Objectivement, ce n’était pas grave.
Tout le monde a une vie.
Tout le monde est occupé parfois.
Mais moi, je posais mon téléphone sur la table.
Puis je le reprenais trente secondes plus tard.
Comme si une réponse pouvait soudainement apparaître et faire disparaître toute cette angoisse.
Mon cerveau cherchait des explications.
« Elle est fâchée. »
« J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas. »
« Elle ne veut plus me parler. »
Et plus le temps passait,
plus ces pensées semblaient vraies.
Quand elle a finalement répondu, tout allait bien.
Absolument tout.
J’ai ressenti un soulagement énorme.
Puis presque immédiatement une honte immense.
Parce que je réalisais tout ce que j’avais imaginé pendant ces heures.
Toute cette souffrance.
Toute cette peur.
Tous ces scénarios qui n’existaient que dans ma tête.
C’est ça qui est difficile à expliquer.
La douleur est réelle.
Même quand le rejet ne l’est pas forcément.
Parfois, il suffit d’un regard.
D’un changement de ton.
D’un message plus court.
Et immédiatement, je me demande si je suis de trop.
Si on m’apprécie encore.
Si je compte vraiment pour les autres.
Le plus épuisant, ce n’est pas seulement la peur du rejet.
C’est de vivre avec cette impression permanente que les personnes que j’aime pourraient cesser de vouloir de moi à n’importe quel moment.
Alors parfois, avant même qu’on me rejette réellement,
j’ai déjà mal.
Et honnêtement, certains jours,
j’aimerais juste réussir à croire que l’on peut tenir à moi…
sans être constamment en train de chercher les signes du contraire.
Pourquoi le rejet est-il si douloureux dans le trouble borderline ?
Pour de nombreuses personnes vivant avec un trouble de la personnalité limite (TPL), le rejet ne ressemble pas à une simple déception.
👉 Il peut être vécu comme une véritable blessure émotionnelle.
Un message sans réponse.
Une invitation oubliée.
Une personne qui semble plus distante.
Et parfois, l’esprit commence immédiatement à chercher des explications.
À se remettre en question.
À imaginer le pire.
Le plus difficile,
c’est que la souffrance ressentie est souvent bien réelle,
même lorsque le rejet n’est pas intentionnel… ou n’existe pas réellement.
Certaines personnes décrivent même l’impression de devoir constamment surveiller les signes qui pourraient annoncer qu’elles ne comptent plus pour quelqu’un.
Et à force,
cette vigilance permanente peut devenir extrêmement épuisante émotionnellement.
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Et parfois,
au fond,
ce que l’on aimerait le plus…
ce n’est pas que tout le monde nous apprécie.
C’est simplement réussir à croire que l’on compte déjà pour les personnes qui nous aiment.
Merci à Claire pour son témoignage
Merci à Claire, 34 ans, d’avoir partagé ce ressenti à travers ce témoignage inspiré d’expériences fréquemment rapportées par des personnes vivant avec un trouble borderline.
Mettre des mots sur la peur du rejet n’est pas toujours facile.
Mais ces témoignages permettent parfois à d’autres personnes de mieux comprendre ce qu’elles vivent, de reconnaître certains mécanismes émotionnels et de se sentir un peu moins seules face à leurs difficultés.

