Ça fait quoi de ne plus faire confiance à ses émotions quand on est borderline ?

Ça fait quoi de ne plus faire confiance à ses émotions quand on est borderline ?

Pour certaines personnes vivant avec un trouble de la personnalité limite (TPL), le plus difficile n’est pas toujours de ressentir des émotions très intenses.

Parfois, c’est de ne plus savoir si ces émotions reflètent réellement la situation.

Ou si elles prennent une place plus importante qu’elles ne le devraient.

💡 Selon le NHS, les personnes vivant avec un trouble borderline peuvent ressentir des émotions particulièrement intenses, rapides et difficiles à réguler.

👉 Cette dysrégulation émotionnelle est d’ailleurs considérée comme l’une des caractéristiques centrales du TPL, comme l’expliquent notamment les travaux de Marsha M. Linehan, à l’origine de la thérapie comportementale dialectique (DBT), largement utilisée dans la prise en charge du trouble.

Chez certaines personnes, cette intensité émotionnelle finit par installer un doute permanent.

« Est-ce que je réagis normalement ? »

« Est-ce que cette situation est réellement blessante… ou est-ce que mes émotions prennent toute la place ? »

« Est-ce que cette personne m’a vraiment fait du mal… ou est-ce que je me trompe ? »

À force de remettre son propre ressenti en question, il devient parfois difficile de savoir à quelles émotions faire confiance.

Et souvent, le plus difficile…

ce n’est plus seulement de vivre des émotions intenses.

C’est de ne plus savoir si elles racontent fidèlement la réalité… ou seulement la douleur que l’on ressent à cet instant.


Je pense que celui-ci peut devenir le plus profond de toute la série.

Parce que le conflit n’est plus avec les autres.

👉 Il est avec soi-même.


Témoignage : ne plus faire confiance à ses émotions quand on est borderline

Camille, 30 ans

Pendant longtemps, je pensais que mes émotions me disaient toujours la vérité.

Si je me sentais blessée, c’est que quelqu’un m’avait blessée.

Si je me sentais rejetée, c’est que l’on ne voulait plus de moi.

Si je ressentais de la colère, c’est que j’avais forcément une bonne raison d’être en colère.

Puis un jour, j’ai commencé à douter.

Parce qu’après certaines crises, je regardais les choses avec plus de recul.

Et je me rendais compte que tout ne s’était peut-être pas passé comme je l’avais vécu sur le moment.

Depuis, il y a une question qui revient sans arrêt dans ma tête.

« Est-ce que ce que je ressens est réel…

…ou est-ce que mon trouble prend toute la place ? »

Le plus épuisant, c’est que cette question est partout.

Quand quelqu’un me parle un peu plus froidement.

Quand une remarque me blesse.

Quand je sens une distance dans une relation.

Je ressens quelque chose de très fort.

Mais presque immédiatement, une autre voix apparaît.

« Tu exagères peut-être. »

« Tu interprètes sûrement mal. »

« Tu devrais arrêter de réagir comme ça. »

Alors je ne sais plus quoi croire.

Mes émotions me disent une chose.

Ma tête essaie de me convaincre du contraire.

Parfois, je demande l’avis de plusieurs personnes sur une même situation.

Pas parce que je veux qu’elles prennent une décision à ma place.

Mais parce que je ne fais plus totalement confiance à mon propre jugement.

Je peux relire un message dix fois.

Chercher un mot.

Une intention.

Une preuve que je n’invente pas ce que je ressens.

Et pourtant, le doute reste là.

Il m’arrive même de m’excuser pour une émotion avant de savoir si elle était légitime.

Comme si je devais constamment demander la permission de ressentir ce que je ressens.

Le plus triste, ce n’est pas seulement de vivre des émotions très fortes.

C’est de ne plus savoir si elles méritent d’être écoutées.

Parce qu’à force de douter de mes réactions…

j’ai parfois fini par douter de moi.

Et honnêtement, ce que j’aimerais le plus aujourd’hui…

ce n’est pas ne plus ressentir autant d’émotions.

C’est simplement réussir à leur faire confiance de nouveau.


Pourquoi peut-on finir par douter de ses propres émotions dans le trouble borderline ?

Pour certaines personnes vivant avec un trouble de la personnalité limite (TPL), le plus difficile n’est pas seulement de ressentir des émotions très intenses.

👉 C’est de ne plus savoir si ces émotions reflètent réellement la situation.

À force de vivre des réactions émotionnelles particulièrement fortes, certaines personnes finissent par remettre en question leur propre ressenti.

Elles se demandent si elles ont raison d’être blessées.

Si leur colère est justifiée.

Ou si leur trouble influence leur perception de la réalité.

Et ce doute peut devenir aussi épuisant que les émotions elles-mêmes.

Car lorsqu’on ne fait plus confiance à ce que l’on ressent, chaque décision, chaque relation et chaque conflit peuvent devenir une source d’incertitude.

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au fond,
ce que l’on aimerait retrouver…

ce n’est pas une vie sans émotions.

C’est simplement la capacité de les écouter…

sans avoir constamment peur qu’elles nous trompent.


Merci à Camille pour son témoignage

Merci à Camille, d’avoir partagé ce ressenti à travers ce témoignage inspiré d’expériences fréquemment rapportées par des personnes vivant avec un trouble borderline.

Mettre des mots sur ce doute permanent envers ses propres émotions n’est pas toujours facile.

Mais ces témoignages permettent parfois à d’autres personnes de mieux comprendre ce qu’elles vivent, de reconnaître certains mécanismes émotionnels et de se sentir un peu moins seules face à cette perte de confiance en leur propre ressenti.

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