Gérer une crise avec une personne borderline : techniques concrètes pour retrouver le calme

Faire face à une crise avec une personne borderline peut être déstabilisant, voire épuisant 😔.
Tout semble parfois basculer très vite : un mot mal interprété, un silence, une tension qui monte… et tu ne sais plus comment réagir sans aggraver la situation.
La personne peut être submergée par une colère, une peur ou une détresse très intense. Une peur du rejet ou de l’abandon peut parfois intervenir, mais chaque crise est différente et il n’est pas toujours possible d’en identifier immédiatement la cause.
Dans ces moments-là, une question revient souvent :
Comment calmer un borderline en crise ?
Il n’existe pas de phrase magique ni de technique capable de garantir que la crise va s’arrêter. En revanche, certains réflexes peuvent aider à ne pas ajouter de tension, maintenir une communication plus calme et savoir quand prendre de la distance.
🧭 Dans cet article, tu vas découvrir des repères concrets pour garder ton calme, poser des limites, te protéger et réagir lorsque la situation devient trop intense.
L’objectif n’est pas de contrôler les émotions de l’autre, mais de savoir ce que tu peux faire pendant la crise, ce qu’il vaut mieux éviter et à quel moment ta sécurité doit passer en priorité.
Table des Matières
⚡ Comprendre ce qui se joue pendant une crise
Lorsqu’on vit une crise avec une personne borderline, comprendre ce qui se passe peut aider à ne pas réagir uniquement sous le coup de la tension 😔.
Le trouble borderline peut s’accompagner d’émotions très intenses et changeantes, d’une forte sensibilité au rejet ou encore d’une peur de l’abandon réel ou perçu.
Mais cela ne signifie pas que chaque crise est provoquée par la peur de l’abandon.
Selon la personne et la situation, une montée émotionnelle peut être liée à un conflit, un sentiment de rejet, du stress, de la fatigue, une accumulation de tensions ou d’autres difficultés qu’il n’est pas toujours possible d’identifier immédiatement.
💥 Lorsque l’émotion devient très intense, il peut aussi devenir plus difficile de prendre du recul, écouter un autre point de vue ou réfléchir calmement à une solution.
Cela ne veut pas dire que « la raison se déconnecte » ou que la personne ne comprend plus rien. Elle peut simplement être submergée par ce qu’elle ressent à cet instant.
C’est pourquoi, pendant la crise, chercher immédiatement à démontrer qu’elle « exagère » ou que son interprétation est fausse risque de ne pas aider.
Il peut être plus utile de commencer par essayer de comprendre ce qui provoque sa détresse, sans pour autant approuver tous ses propos ou tous ses comportements.
💬 Par exemple :
« Je vois que cette situation te touche beaucoup. Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi maintenant ? »
Comprendre ce qui se joue ne signifie donc ni tout excuser ni accepter l’inacceptable.
Cela permet surtout de faire une distinction importante :
une émotion peut être très réelle et très intense, même lorsque toi, tu interprètes la situation différemment.
📌 À retenir
Une crise chez une personne borderline n’a pas une cause unique. Le rejet ou l’abandon peuvent parfois jouer un rôle, mais il faut éviter de supposer automatiquement ce que la personne ressent ou pourquoi elle réagit ainsi.
Une fois cela compris, la question la plus importante devient très concrète : comment réagir sans ajouter encore plus de tension ?
🧘♂️ Rester calme et ne pas répondre à chaud

2. Rester calme et ne pas répondre à chaud
Quand la tension monte, ton propre ton peut avoir beaucoup d’importance.
Cela ne signifie pas que tu dois rester parfaitement calme quoi qu’il arrive, ni que tu es responsable de l’état émotionnel de l’autre.
Mais si tu réponds immédiatement sous le coup de la colère, de la peur ou de l’agacement, la discussion peut devenir encore plus difficile.
🧘 Parler moins, mais plus clairement
Pendant une crise, il peut être utile de garder des phrases simples.
Évite autant que possible :
- de multiplier les reproches ;
- d’enchaîner les explications ;
- de chercher à avoir le dernier mot ;
- de répondre à chaque accusation ;
- de hausser le ton pour te faire entendre.
Tu peux plutôt essayer des formulations courtes :
« Je vois que tu es très en colère. »
« Je veux comprendre ce qui te fait réagir comme ça. »
« On peut en parler, mais pas en se criant dessus. »
« Je préfère qu’on ralentisse un peu avant de continuer. »
💬 Le but n’est pas de trouver la phrase parfaite qui va calmer la crise.
Il est surtout d’éviter d’ajouter immédiatement une nouvelle couche de tension.
Valider l’émotion ne veut pas dire donner raison
C’est une distinction importante.
Dire :
« Je comprends que tu sois blessé par ce qui vient de se passer. »
ne signifie pas :
« Tout ce que tu dis est vrai et ton comportement est acceptable. »
Tu peux reconnaître la détresse, la colère ou la peur tout en gardant ton propre point de vue.
Par exemple :
« Je vois que tu as vécu mon silence comme un rejet. Ce n’était pas mon intention, mais je comprends que ça t’ait fait mal. »
Cette manière de répondre permet de reconnaître ce que l’autre ressent sans devoir confirmer une interprétation avec laquelle tu n’es pas d’accord.
⚠️ Évite de minimiser ce que la personne ressent
Certaines phrases risquent surtout de fermer la discussion :
« Tu exagères. »
« Tu fais encore une crise pour rien. »
« Calme-toi. »
« C’est ridicule. »
Même si la réaction te semble disproportionnée, la détresse ressentie peut être très forte.
Les recommandations du NICE conseillent notamment, lors d’une crise, de garder une attitude calme, de chercher à comprendre le point de vue de la personne et d’éviter de minimiser sa détresse.
Tu peux donc essayer de rester sur ce que tu observes :
« Je vois que cette situation te touche énormément. »
puis chercher à comprendre ce qui pose problème avant de proposer une solution.
🧭 Ne cherche pas forcément à résoudre tout le problème immédiatement
Quand l’émotion est très intense, ce n’est pas toujours le meilleur moment pour régler :
- tout le conflit ;
- l’avenir de la relation ;
- plusieurs problèmes anciens ;
- qui a raison ou tort ;
- toutes les conséquences de ce qui vient de se passer.
Tu peux remettre certaines discussions à plus tard :
« Je veux qu’on en reparle, mais je pense qu’on y arrivera mieux quand la tension sera redescendue. »
Cela ne signifie pas fuir systématiquement le problème.
Cela signifie simplement reconnaître que toutes les discussions n’ont pas besoin d’être résolues au moment où elles sont les plus explosives.
📌 À retenir
Rester calme ne veut pas dire tout accepter ni réussir à calmer l’autre.
L’objectif est surtout de parler de manière simple, reconnaître l’émotion sans valider tous les comportements et éviter d’alimenter inutilement l’escalade.
Et si malgré cela la tension continue de monter, il peut devenir nécessaire de prendre de la distance pour te protéger.
🚪 Savoir quand se retirer pour se protéger

Rester présent pendant une crise ne signifie pas que tu dois rester dans la discussion à n’importe quel prix.
Si les échanges deviennent de plus en plus agressifs, si tu sens que tu perds toi-même ton calme ou si la situation commence à te faire peur, prendre de la distance peut être nécessaire.
🚪 Se retirer quelques instants n’est pas forcément abandonner l’autre.
Cela peut simplement permettre d’éviter que deux personnes submergées par leurs émotions continuent à alimenter le conflit.
Dire clairement que tu prends une pause
Lorsque c’est possible, évite de partir brusquement sans rien dire.
Tu peux annoncer simplement ce que tu vas faire :
« Là, la discussion devient trop difficile pour moi. Je vais prendre un peu de distance et nous pourrons en reparler plus tard. »
ou :
« Je veux continuer cette conversation, mais pas pendant qu’on se crie dessus. Je vais faire une pause. »
ou encore :
« Je reste disponible pour en reparler quand la situation sera plus calme. »
🎯 L’objectif est de poser une limite claire sans transformer ton départ en menace ou en punition.
⚠️ Tu n’es pas obligé de rester face aux insultes ou à l’agressivité
Comprendre la détresse d’une personne ne signifie pas devoir accepter tous les comportements.
Tu peux interrompre l’échange si tu es :
- insulté ;
- menacé ;
- intimidé ;
- empêché de partir ;
- confronté à des objets lancés ou cassés ;
- ou simplement si tu ne te sens plus en sécurité.
Les recommandations du NICE accordent une place importante à l’évaluation du risque et à la sécurité pendant les situations de crise liées au trouble borderline.
Si tu crains un danger immédiat pour toi, pour la personne ou pour quelqu’un d’autre, la priorité n’est plus de trouver les bons mots : c’est de vous mettre en sécurité et de demander de l’aide si nécessaire.
🧭 Prendre de la distance ne doit pas devenir une menace
Il y a une différence entre dire :
« J’ai besoin de sortir de cette discussion pendant un moment. »
et :
« Si tu continues, je disparais et tu ne me reverras plus. »
La première phrase pose une limite.
La seconde utilise la rupture ou l’abandon comme moyen de pression.
Lorsque la situation le permet, essaie donc d’être aussi clair que possible sur ce qui se passe :
« Je prends une pause » plutôt que « Je t’abandonne ».
Et si tu sais quand tu pourras reparler, tu peux aussi le préciser :
« Je vais me calmer de mon côté et on pourra reparler de tout ça ce soir. »
💬 Tu peux aussi partir sans négocier si tu te sens en danger
Dans une situation menaçante, tu n’as pas besoin d’obtenir l’accord de l’autre avant de te protéger.
Tu n’as pas non plus à poursuivre une longue explication pour justifier ton départ.
Ta sécurité passe avant la poursuite de la discussion.
Cela vaut quelle que soit la présence ou non d’un trouble borderline.
📌 À retenir
Prendre de la distance pendant une crise peut être nécessaire lorsque la discussion devient incontrôlable, agressive ou dangereuse.
Lorsque c’est possible, annonce simplement ta pause et indique que la discussion pourra reprendre plus tard.
Mais si tu te sens en danger, tu peux partir immédiatement : te protéger n’est pas abandonner l’autre.
Prendre de la distance permet de poser une première limite.
Mais certaines situations demandent d’aller plus loin et de rappeler clairement ce que tu peux accepter ou non dans la relation.
🚫 Ne pas accepter l’inacceptable
Comprendre qu’une personne est en détresse ne signifie pas devoir tout accepter pendant une crise.
Tu peux reconnaître son émotion, essayer de comprendre ce qu’elle vit et rester disponible pour discuter… tout en posant des limites sur les comportements qui te blessent ou te mettent en difficulté.
💬 Par exemple :
« Je comprends que tu sois très en colère, mais je n’accepte pas que tu m’insultes. »
« Je veux bien continuer à parler, mais pas si tu me menaces. »
« Je peux entendre que tu souffres, mais je ne peux pas accepter que tu casses des objets. »
Ces deux idées peuvent exister en même temps :
« Ta détresse compte. »
et
« Ce comportement n’est pas acceptable pour moi. »
🧭 Une limite parle de ce que toi, tu vas faire
Une limite n’est pas forcément :
« Tu dois arrêter immédiatement. »
Elle peut plutôt prendre la forme :
« Si les insultes continuent, je vais arrêter la conversation et prendre de la distance. »
La différence est importante.
Tu ne cherches pas à contrôler ce que l’autre ressent ou fait. Tu précises ce que tu es prêt à accepter et comment tu réagiras si cette limite est dépassée.
⚠️ Le diagnostic n’excuse pas la violence
Le trouble borderline peut s’accompagner de difficultés émotionnelles et relationnelles importantes, mais il ne signifie pas que les insultes, les menaces ou la violence doivent être tolérées.
Les recommandations du NICE insistent d’ailleurs sur la nécessité d’évaluer les risques pendant les crises et de prendre en compte la sécurité de toutes les personnes concernées.
Tu n’as donc pas à rester dans une situation dangereuse sous prétexte que l’autre souffre ou qu’un trouble psychologique est présent.
Cela vaut aussi pour les comportements qui se répètent sans forcément constituer une urgence immédiate :
- humiliations ;
- insultes répétées ;
- menaces ;
- intimidation ;
- contrôle ;
- destruction d’objets ;
- violences physiques.
❤️ Comprendre n’oblige pas à subir.
💡 Évite si possible de redéfinir toutes les règles au milieu de la crise
Quand la situation est très tendue, ce n’est pas toujours le meilleur moment pour engager une longue discussion sur toutes les limites de la relation.
Si une limite immédiate est nécessaire, elle doit être simple :
« Je ne continuerai pas cette discussion si tu me cries dessus. »
Puis, une fois le calme revenu, vous pourrez reparler plus précisément de ce qui s’est passé et de ce que chacun souhaite mettre en place pour éviter que la même situation se reproduise.
🔁 Une limite doit aussi pouvoir être appliquée
Dire :
« Si tu m’insultes, j’arrête la conversation. »
puis rester systématiquement dans l’échange malgré les insultes peut rendre la limite difficile à comprendre.
Il vaut mieux poser peu de limites, mais des limites que tu es réellement capable de respecter toi-même.
Et si une limite n’est pas respectée, tu n’es pas obligé de la transformer immédiatement en ultimatum définitif.
Tu peux simplement appliquer ce que tu avais annoncé :
mettre fin à la conversation, quitter la pièce, prendre de la distance ou demander de l’aide si la situation l’exige.
📌 À retenir
Reconnaître la souffrance d’une personne borderline ne signifie pas accepter tous ses comportements.
Une limite claire consiste surtout à dire ce que tu n’acceptes pas et ce que tu feras si cette limite est dépassée, sans chercher à contrôler les émotions de l’autre.
Et lorsqu’il existe un risque pour ta sécurité, te protéger devient prioritaire.
Une fois la crise passée et la tension redescendue, il devient souvent possible de revenir sur ce qui s’est produit dans de meilleures conditions.
💬 Rester présent quand le calme revient

Lorsque la tension redescend, il peut être tentant de vouloir tout régler immédiatement.
Revenir sur chaque phrase, chercher qui avait raison, demander des explications ou vouloir obtenir des garanties pour que cela ne recommence plus.
Mais juste après une crise, la personne peut encore être fatiguée, honteuse, triste, confuse ou simplement avoir besoin de récupérer.
💬 Il peut donc être utile de commencer simplement par vérifier si elle souhaite parler :
« Est-ce que tu veux qu’on reparle de ce qui s’est passé maintenant, ou tu préfères qu’on attende un peu ? »
L’objectif n’est pas d’éviter définitivement le sujet.
Il s’agit plutôt de choisir un moment où chacun est suffisamment calme pour pouvoir réellement discuter.
❤️ Écouter sans effacer ce que toi tu as vécu
Lorsque la personne explique ce qu’elle a ressenti, tu peux essayer de comprendre son point de vue sans chercher immédiatement à le corriger.
Par exemple :
« Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi à ce moment-là ? »
« À quel moment tu as senti que la situation commençait à devenir trop intense ? »
« Est-ce qu’il y avait quelque chose que tu aurais aimé que je fasse différemment ? »
Mais cette écoute doit fonctionner dans les deux sens.
Si certains comportements t’ont blessé ou fait peur, tu as aussi le droit de le dire :
« Je comprends mieux ce qui t’a fait souffrir. De mon côté, les insultes ont été difficiles à vivre et je ne veux pas que ça recommence. »
Comprendre ce qui s’est passé ne signifie donc pas effacer tes propres limites pour préserver le calme.
🧩 Revenir sur les faits plutôt que refaire toute la dispute
Lorsque vous reparlez de la crise, essayez si possible de vous concentrer sur quelques questions simples :
- Qu’est-ce qui s’est passé juste avant que la tension monte ?
- Qu’est-ce qui a aggravé la situation ?
- Qu’est-ce qui a aidé, même légèrement ?
- À quel moment aurait-il été préférable de faire une pause ?
- Que pourrait-on essayer différemment la prochaine fois ?
Cette discussion peut être beaucoup plus utile qu’une recherche interminable de :
« Qui avait raison ? »
🎯 Le but est surtout de comprendre ce qui pourrait rendre une prochaine situation plus gérable pour chacun.
⚠️ Ne force pas une réconciliation immédiate
Le retour au calme ne signifie pas forcément que tout doit être réparé dans les minutes qui suivent.
Tu peux encore avoir besoin de temps.
L’autre aussi.
Tu peux parfaitement dire :
« Je suis content que la tension soit redescendue, mais j’ai encore besoin d’un peu de temps avant qu’on reparle du fond. »
Rester présent ne signifie donc pas devoir pardonner immédiatement, rassurer immédiatement ou faire comme si rien ne s’était passé.
📝 Profiter du calme pour préparer la prochaine fois
Une fois la situation apaisée, vous pouvez aussi discuter de ce que chacun souhaite faire si une nouvelle montée émotionnelle survient.
Par exemple :
- quel mot ou quelle phrase peut signaler qu’une pause devient nécessaire ;
- combien de temps chacun préfère prendre avant de reprendre la discussion ;
- qui peut être contacté en cas de détresse importante ;
- ce qui aide généralement la personne à retrouver un peu de calme ;
- quels comportements constituent une limite à ne pas dépasser.
Les recommandations du NICE accordent notamment une place à l’élaboration et à la révision d’un plan de gestion des crises adapté à la personne.
Cela permet d’éviter de devoir inventer toutes les règles au moment où la tension est déjà maximale.
📌 À retenir
Après une crise, il n’est pas nécessaire de tout résoudre immédiatement.
Le retour au calme peut surtout servir à comprendre ce qui s’est passé, exprimer les besoins et les limites de chacun et réfléchir à ce qui pourrait être fait différemment la prochaine fois.
C’est justement ce travail effectué à froid qui peut aider à mieux préparer les situations difficiles à venir.
🧭 Prévenir les prochaines crises

Il n’est pas toujours possible d’empêcher une nouvelle crise.
En revanche, lorsque le calme est revenu, vous pouvez essayer de repérer ce qui rend certaines situations plus difficiles et préparer à l’avance une manière de réagir.
L’objectif n’est pas de surveiller chaque émotion ni de vivre dans la peur de la prochaine crise.
Il s’agit plutôt d’éviter de devoir tout improviser lorsque la tension monte.
🔎 Repérer ce qui précède souvent les moments difficiles
Avec le temps, certains schémas peuvent parfois apparaître.
Par exemple :
- une discussion sur un sujet particulièrement sensible ;
- un sentiment de rejet ou d’éloignement ;
- une accumulation de stress ;
- une période de fatigue importante ;
- plusieurs conflits rapprochés ;
- une situation qui laisse beaucoup de place à l’incertitude.
Cela ne signifie pas qu’un de ces éléments provoque automatiquement une crise.
Mais remarquer ce qui revient souvent peut aider à intervenir plus tôt.
Tu peux par exemple te demander :
« Qu’est-ce qui se passe généralement juste avant que la tension devienne très forte ? »
ou :
« Est-ce qu’on reconnaît certains signes qui montrent qu’il faudrait faire une pause plus tôt ? »
🧭 Décider à froid de ce que chacun peut faire
Le meilleur moment pour réfléchir à une prochaine crise n’est généralement pas lorsqu’elle est déjà en cours.
Quand la situation est calme, vous pouvez discuter de quelques repères simples :
- comment signaler qu’une pause devient nécessaire ;
- ce qui aide la personne lorsqu’elle se sent submergée ;
- ce qu’elle préfère éviter à ce moment-là ;
- combien de temps chacun souhaite prendre avant de reprendre la discussion ;
- quelles limites doivent rester respectées ;
- qui contacter si la détresse devient trop importante.
💡 L’idée est d’avoir quelques repères connus à l’avance, pas un protocole compliqué à suivre parfaitement.
💬 Parler aussi de ce qui aide réellement
Après une crise, il peut être intéressant de revenir non seulement sur ce qui a aggravé la situation, mais aussi sur ce qui a aidé.
Peut-être qu’une pause a été utile.
Peut-être qu’une phrase simple a permis de ralentir la discussion.
Peut-être qu’au contraire certaines tentatives de rassurer ont augmenté la tension.
Tu peux demander :
« Qu’est-ce qui t’a aidé, même un peu ? »
et aussi expliquer ton propre ressenti :
« De mon côté, j’ai eu besoin de prendre de la distance à ce moment-là. »
Petit à petit, cela permet de construire des repères adaptés à votre relation plutôt que des règles supposées fonctionner avec toutes les personnes borderline.
⚠️ Ne prends pas seul la responsabilité de prévenir chaque crise
Tu peux adapter ta manière de communiquer, poser des limites ou participer à la préparation de certaines situations.
Mais tu ne peux pas garantir qu’une crise n’arrivera jamais.
Et tu ne dois pas avoir à passer ton quotidien à analyser chacune de tes paroles par peur de déclencher une réaction.
❤️ Soutenir quelqu’un ne signifie pas devenir responsable de toutes ses émotions.
La prévention doit donc aussi respecter tes propres besoins et tes propres limites.
🧠 Quand les crises se répètent souvent
Si les crises sont fréquentes, très intenses ou ont des conséquences importantes sur la vie quotidienne, il peut être utile que la personne concernée puisse en parler avec un professionnel.
L’accompagnement peut permettre de travailler plus largement sur la régulation des émotions, les relations et les stratégies utilisées lorsque la détresse augmente.
Pour le proche aussi, un soutien extérieur peut être utile lorsque la situation devient difficile à porter.
📌 À retenir
Prévenir les prochaines crises ne signifie pas réussir à les empêcher toutes.
Il s’agit surtout de repérer certains schémas, préparer quelques réactions à l’avance et savoir plus tôt quand ralentir, faire une pause ou demander de l’aide.
Et malgré toute la bonne volonté possible, il reste une réalité importante : tu as toi aussi des limites.
C’est ce que nous allons voir dans la section suivante.
💭 Accepter ses limites et ne pas culpabiliser

Quand on accompagne une personne qui traverse des crises émotionnelles intenses, il est facile de finir par croire qu’on devrait toujours savoir quoi dire, quoi faire ou comment éviter que la situation dégénère.
Mais ce n’est pas réaliste.
Tu peux faire attention à ta manière de communiquer, essayer de comprendre ce qui se passe, poser des limites et soutenir l’autre.
Tu ne peux pas contrôler toutes ses réactions ni garantir qu’une crise n’arrivera pas.
❤️ Tu as le droit d’être fatigué
Être proche d’une personne en grande détresse peut être éprouvant.
Tu peux ressentir :
- de la fatigue ;
- de la peur ;
- de la colère ;
- de l’impuissance ;
- de la confusion ;
- ou simplement le besoin de souffler.
Ces réactions ne veulent pas dire que tu ne tiens pas à la personne.
Elles peuvent simplement montrer que la situation te demande beaucoup.
🧭 Aider ne veut pas dire tout porter
Tu peux soutenir quelqu’un sans devenir son seul point d’appui.
Il est important que toute la responsabilité de la gestion des crises ne repose pas sur toi.
Cela peut vouloir dire :
- encourager la personne à chercher un accompagnement professionnel si elle en a besoin ;
- ne pas être disponible à toute heure si cela t’épuise ;
- conserver tes propres activités et relations ;
- parler toi aussi à quelqu’un de confiance ;
- demander de l’aide si la situation devient trop lourde.
💬 Tu peux aimer quelqu’un tout en disant :
« Je veux être là pour toi, mais je ne peux pas gérer cette situation seul. »
⚠️ Ne confonds pas culpabilité et responsabilité
Après une crise, tu peux repenser à ce que tu as dit ou fait et te demander :
« Est-ce que j’aurais pu éviter tout ça ? »
Il est parfois utile de réfléchir à sa propre manière de réagir.
Mais cela ne signifie pas que tout ce qui s’est passé est de ta faute.
Dans une relation, chacun reste responsable de ses propres comportements.
Tu peux donc te demander :
« Qu’est-ce qui dépendait réellement de moi ? »
et aussi :
« Qu’est-ce qui ne dépendait pas de moi ? »
Cette distinction peut éviter de porter une responsabilité qui dépasse ce que tu pouvais réellement contrôler.
🌿 Protège aussi ton propre équilibre
Si les crises se répètent souvent, prends au sérieux leur impact sur toi.
Demande-toi :
- Est-ce que je vis constamment dans l’anticipation de la prochaine crise ?
- Est-ce que j’évite certains sujets uniquement par peur d’une réaction ?
- Est-ce que je me sens régulièrement épuisé après nos échanges ?
- Est-ce que mes propres besoins passent toujours en dernier ?
- Est-ce que je me sens encore en sécurité dans cette relation ?
Si tu réponds oui à plusieurs de ces questions, cela mérite d’être regardé sérieusement.
Soutenir quelqu’un ne devrait pas t’obliger à disparaître toi-même de la relation.
💬 Chercher du soutien pour soi aussi
Tu peux également avoir besoin d’un espace où parler librement de ce que tu vis.
Cela peut être avec :
- un proche de confiance ;
- un médecin ;
- un psychologue ;
- une association ;
- ou un autre professionnel capable de t’aider à prendre du recul.
Demander de l’aide pour toi ne signifie pas abandonner l’autre.
Cela peut simplement t’aider à mieux comprendre tes propres limites et à préserver ton équilibre.
📌 À retenir
Tu peux soutenir une personne borderline sans devenir responsable de toutes ses émotions, de toutes ses réactions ou de toutes ses crises.
Tes limites, ta fatigue et ta sécurité comptent aussi.
Aider quelqu’un ne devrait pas signifier t’oublier complètement.
Après avoir vu ce que tu peux faire pendant une crise, il reste quelques questions très concrètes qui reviennent souvent chez les proches.
Questions fréquentes
Comment calmer une personne borderline en crise ?
Il n’existe pas de méthode capable de garantir qu’une crise va s’arrêter.
Le plus utile est généralement d’essayer de ne pas ajouter de tension : parler calmement, utiliser des phrases simples, reconnaître l’émotion sans forcément approuver l’interprétation de la situation et éviter de chercher à régler tout le conflit immédiatement.
Si la discussion devient trop intense, faire une pause peut être préférable à continuer à argumenter.
Et si la situation devient menaçante ou dangereuse, la priorité n’est plus de calmer l’autre : c’est la sécurité de chacun.
Que ne faut-il pas dire à une personne borderline en crise ?
Il n’existe pas une liste de phrases interdites qui fonctionnerait avec tout le monde.
En revanche, certaines réponses risquent d’augmenter la tension, notamment lorsqu’elles minimisent ou ridiculisent ce que la personne ressent :
- « Tu exagères. »
- « Calme-toi. »
- « Tu fais encore une crise pour rien. »
- « C’est ridicule. »
Tu n’as pas besoin pour autant d’être d’accord avec tout.
Tu peux reconnaître l’émotion tout en gardant ton point de vue :
« Je vois que tu es très en colère. Je ne comprends peut-être pas encore tout ce qui se passe, mais je veux qu’on puisse en parler sans se crier dessus. »
Quand faut-il s’éloigner ou demander de l’aide ?
Prendre de la distance peut devenir nécessaire lorsque la discussion devient agressive, que tu sens que tu perds toi-même le contrôle ou que tu ne te sens plus en sécurité.
Si possible, annonce simplement que tu interromps la conversation et que vous pourrez y revenir plus tard.
Mais en présence de menaces, violences, impossibilité de quitter les lieux ou danger immédiat pour la personne ou pour quelqu’un d’autre, tu n’as pas à rester pour essayer de gérer seul la situation.
Dans ce cas, mets-toi en sécurité et demande une aide extérieure adaptée à l’urgence.
L’objectif est surtout de ne pas alimenter inutilement l’escalade, préserver tes limites et savoir reconnaître le moment où la sécurité devient prioritaire.
📌 À retenir
Pendant une crise, ton rôle n’est pas de trouver la phrase parfaite qui fera disparaître l’émotion.
Pour aller plus loin
Faire face à une crise ne représente souvent qu’une partie de ce que peut vivre un proche au quotidien.
Si tu as tendance à ne plus oser dire non ou exprimer ce qui ne te convient pas, tu peux aussi lire :
➡️ Pourquoi le partenaire d’un borderline a-t-il peur de poser ses limites ?
Si tu as plutôt l’impression que c’est à toi de rassurer, réparer les conflits ou maintenir constamment l’équilibre de la relation :
➡️ Pourquoi le partenaire d’un borderline se sent-il constamment responsable ?
Et si cette situation commence surtout à te fatiguer ou à t’épuiser émotionnellement :
➡️ Peut-on aimer une personne borderline sans s’épuiser ?
Conclusion : aider sans devenir responsable de la crise
Faire face à une crise avec une personne borderline peut être difficile, surtout lorsque tu ne sais plus quoi dire ni comment réagir sans aggraver la situation.
Il n’existe pas de phrase magique capable de calmer systématiquement quelqu’un.
Ce que tu peux faire, en revanche, c’est essayer de ne pas ajouter davantage de tension, garder une communication aussi simple que possible et reconnaître le moment où une pause ou une prise de distance devient nécessaire.
Pendant une crise, garde surtout quelques repères en tête :
- reconnaître l’émotion sans forcément être d’accord avec tout ;
- éviter de chercher à régler l’ensemble du conflit immédiatement ;
- poser clairement tes limites ;
- prendre de la distance si la discussion devient trop intense ;
- placer la sécurité avant la poursuite de l’échange si la situation devient menaçante.
❤️ Et surtout, soutenir quelqu’un ne signifie pas devenir responsable de toutes ses émotions ou de toutes ses réactions.
Tu peux être présent, essayer de comprendre et faire attention à ta manière de communiquer.
Mais tu as également le droit de protéger tes propres limites, de demander de l’aide et de reconnaître lorsqu’une situation dépasse ce que tu peux gérer seul.
Une fois le calme revenu, c’est souvent là que les échanges les plus utiles peuvent avoir lieu : comprendre ce qui s’est passé, identifier ce qui a aggravé ou aidé la situation et réfléchir à ce qui pourrait être fait différemment la prochaine fois.
L’objectif n’est pas d’éviter toutes les crises à tout prix.
Il est plutôt de construire progressivement une manière plus sûre et plus respectueuse de les traverser lorsqu’elles surviennent.
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Bonjour, j’ai quelques questions…
Comment faire si lorsque je réclame un éloignement, la personne refuse…? Je dois m’enfuir pour pouvoir mettre un terme à la crise, aux cris, aux insultes.. ce qui est très mal vécu et généralement suivi de menaces ou de chantage (messages ou appels incessants).
Pourtant je reste calme la plupart du temps, j’utilise déjà les phrases que vous conseillez.. Mais jai l’impression que mon calme renforce sa colère, qu’il cherche à tout prix à provoquer une réaction chez moi. Il cherche une réassurance de mon amour, mais comment le rassurer alors qu’il m’a profondément blessée ?
Ses propos sont tranchants et j’ai au fond de moi beaucoup de rancœur, malgré l’empathie et la compréhension que je peux avoir de sa souffrance. Je sais qu’elle témoigne d’un mal-être et n’est pas directement dirigée sur moi, mais je ne peux pas tout accepter.. Ses mots me brisent tellement.
Autre question, lorsque mes enfants sont à la maison, je ne peux pas « fuir », je me sens alors extrêmement stressée, piégée.. dans ce cas là je souhaite à tout prix éviter les tensions.. Je me plie à tout et j’accumule ici encore la rancœur, qui se traduit par un éloignement de ma part, qui bien sûr, renforce le problème.
Si je suis tombée sur votre page, c’est que cherche encore une solution… Mais l’espoir et ma tolérance s’amenuise jour après jour… Je n’y vois pas d’issue…
Bonjour Lou,
Merci pour votre message… je vous ai vraiment lu avec attention.
On sent que vous faites déjà beaucoup pour essayer d’apaiser les choses, rester calme, comprendre… et malgré ça, rien ne semble vraiment s’améliorer.
Ça doit être très fatigant à vivre au quotidien.
Ce que vous dites est très juste : on peut comprendre l’autre… sans pour autant accepter ce qui fait mal.
Et dans ce que vous décrivez, il y a des choses qui blessent, et c’est normal que ça laisse des traces.
Pour votre question sur l’éloignement : oui, parfois s’éloigner est nécessaire.
Pas pour fuir, mais juste pour mettre une limite quand ça devient trop.
Même une phrase simple comme “je préfère qu’on en reparle plus tard” et prendre de la distance peut déjà aider à casser la montée.
Et dans les moments où vous ne pouvez pas partir (avec les enfants), essayez au moins de ne pas tout porter seule émotionnellement :
ne pas chercher à calmer à tout prix, répondre le moins possible, et surtout vous préserver intérieurement.
On sent que ça devient vraiment difficile pour vous…
et c’est important de ne pas laisser ça s’installer sans rien changer.
En tout cas, n’hésitez vraiment pas à revenir ici si vous en ressentez le besoin.
Même juste pour poser des mots.
Vous ne dérangez pas.
Vous aurez toujours une réponse ici.
Et on aura toujours une pensée pour vous.
Prenez soin de vous.
Bonjour,
Je me retrouve complètement dans ce que dit Lou, je vis une situation similaire. Il sait exactement quelle est sa structure sans jamais vraiment avoir été diagnostiqué. Il dit ces besoins, mais je ne parviens pas à le sécuriser car comme le dit Lou, quand la crise est là et arrive de manière très soudaine, il s’en prend à moi, de long silence, des regards étranges et ça laisse des traces chez moi.. C’est mon intégrité qui se joue parfois, car on se sent détesté.
Je ne crois pas qu’on puisse vivre ainsi, je l’aime et je l’ai choisi pour bien d’autres raisons mais il faut vivre ça.
J’ai tendance à vouloir fuir pendant les crises car je ne fais et ne dit rien que ce qu’il faut, je deviens maladroite de mots et de gestes. Et quand je dis je crois que ça va être difficile de continuer, ça relance la colère. Il fini par dire que je suis maltraitante.
Merci pour votre ecoute
Isabelle
Bonjour Isabelle,
Votre message est vraiment touchant. On sent combien vous l’aimez, combien vous essayez de comprendre ce qu’il traverse et de trouver les mots qui pourraient l’apaiser. Mais on sent aussi que, de votre côté, vous êtes épuisée et profondément blessée.
Vous avez le droit de vous protéger. Prendre de la distance quand la colère devient trop forte, ce n’est pas forcément abandonner l’autre. Parfois, c’est simplement nécessaire pour ne pas se perdre soi-même.
Vous ne pouvez pas porter seule toutes ses peurs ni empêcher chaque crise. Et aimer quelqu’un ne veut pas dire devoir accepter des paroles ou des gestes qui vous font du mal. Vos limites et votre sécurité comptent aussi.
Essayez de ne pas rester seule avec tout cela et d’en parler à une personne de confiance ou à un professionnel. Et bien sûr, vous pouvez revenir ici si vous ressentez le besoin de parler ou simplement de déposer ce que vous vivez.
Prenez soin de vous, Isabelle.