Ça fait quoi de vouloir être aidé tout en repoussant les autres quand on est borderline ?

Ça fait quoi de vouloir être aidé tout en repoussant les autres quand on est borderline ?

Parfois, on voudrait que quelqu’un remarque que ça ne va pas.

Qu’il pose une question.

Qu’il reste.

Qu’il comprenne, même lorsque l’on ne trouve pas les mots pour demander de l’aide.

Mais dès que cette personne s’approche, quelque chose se referme.

On répond :

« Laisse-moi tranquille. »

« Je n’ai besoin de personne. »

« De toute façon, tu ne peux pas comprendre. »

Non pas parce que l’on souhaite réellement être seul.

Mais parce que se laisser aider, c’est aussi accepter d’être vu dans un moment où l’on se sent fragile, incontrôlable ou difficile à aimer.

Alors, on repousse la personne.

Puis on souffre lorsqu’elle finit par s’éloigner.

Le témoignage qui suit raconte ce paradoxe douloureux : espérer profondément que quelqu’un nous tende la main, tout en ayant peur de la saisir lorsqu’elle se présente.

Parce que derrière un :

« Va-t’en… »

peut parfois se cacher une demande que la personne n’arrive pas à formuler :

« Reste encore un peu, même si je ne sais pas comment te laisser m’aider. »


Témoignage : vouloir être aidée tout en repoussant les autres quand on est borderline

Mélissa, 29 ans

Il y a des moments où je voudrais que quelqu’un comprenne que je vais mal sans que j’aie besoin de le dire.

Je voudrais que la personne remarque que mes réponses sont plus courtes.

Que je ne fais plus de blagues.

Que je réponds « oui » quand elle me demande si ça va, mais que ce « oui » ne ressemble pas aux autres.

Dans ces moments-là, je garde souvent mon téléphone près de moi.

Je regarde l’écran s’allumer.

J’espère voir le nom de quelqu’un.

J’espère qu’on va m’écrire :

« Je sens que quelque chose ne va pas. Je suis là. »

Mais quand ce message arrive vraiment, je peux devenir froide.

Je réponds :

« Non, tout va bien. »

Ou :

« Laisse tomber. »

Parfois, je ne réponds même pas.

Je lis le message directement dans la notification pour que la personne ne voie pas que je l’ai ouvert.

Puis j’attends.

J’attends qu’elle réécrive.

J’attends une deuxième question.

Une phrase qui me prouverait qu’elle a compris que mon silence ne voulait pas vraiment dire que je voulais être seule.

Et, en même temps, je lui en veux de ne pas deviner ce que je suis incapable de lui dire.

Je sais que ça paraît complètement contradictoire.

Ça l’est même pour moi.

Une partie de moi crie :

« Aide-moi. »

Et une autre répond immédiatement :

« Ne laisse surtout personne s’approcher. »

Le pire, c’est quand quelqu’un m’appelle.

Je regarde le téléphone vibrer sur la table.

J’ai envie de décrocher.

J’ai envie d’entendre une voix familière.

Mais je me demande ce que je vais dire.

Je ne sais pas comment expliquer pourquoi je pleure.

Je ne sais pas comment raconter tout ce qui tourne dans ma tête sans avoir l’air ridicule.

Alors je laisse sonner.

Et dès que l’appel s’arrête, je ressens un vide immense.

Je me dis :

« Voilà. Maintenant, elle va passer à autre chose. »

Il m’est arrivé de rappeler quelques secondes plus tard.

Et lorsque la personne décrochait en me demandant ce qui se passait, je répondais simplement :

« Rien. Je voulais juste savoir pourquoi tu avais appelé. »

Je n’arrivais pas à dire :

« J’avais besoin que tu sois là, mais j’ai eu peur de te montrer à quel point. »

Dans mes relations amoureuses, cette contradiction prenait encore plus de place.

Je pouvais passer toute une soirée à espérer que mon compagnon remarque que je n’allais pas bien.

Je devenais silencieuse.

Je rangeais des choses qui n’avaient pas besoin d’être rangées.

J’ouvrais un placard.

Je le refermais.

Je déplaçais un objet sur la table.

Je répondais par des phrases très courtes.

Tout mon comportement disait que quelque chose n’allait pas.

Mais ma bouche refusait de le reconnaître.

Quand il finissait par me demander :

« Qu’est-ce qui se passe ? »

je répondais :

« Rien. »

Il insistait.

Il essayait de poser d’autres questions.

Et soudain, alors que j’avais attendu toute la soirée qu’il remarque ma souffrance, je me sentais envahie.

J’avais l’impression qu’il entrait dans un endroit que je ne voulais plus lui montrer.

Je lui reprochais de me poser trop de questions.

Je lui disais qu’il ne pouvait rien faire.

Que je voulais être seule.

Et parfois, je finissais par lui lancer :

« Va-t’en, de toute façon tu ne comprends jamais rien. »

Mais dès que je l’entendais bouger, mon cœur se serrait.

Je voulais qu’il refuse de partir.

Je voulais qu’il se rassoit près de moi malgré mes mots.

Qu’il comprenne que mon « va-t’en » ne voulait pas réellement dire :

« Je ne veux plus de toi. »

Il voulait plutôt dire :

« J’ai peur que tu voies ce qu’il y a réellement à l’intérieur de moi et que tu décides ensuite de partir pour de bon. »

Mais lui ne pouvait pas deviner tout ça.

Il entendait seulement les mots que je prononçais.

Et mes mots lui demandaient de partir.

Quand il respectait ma demande, je me sentais abandonnée.

Quand il restait, je pouvais me sentir étouffée.

Il n’existait presque aucune bonne réponse.

Et je voyais bien à quel point cela pouvait être épuisant pour lui.

Après, lorsque tout se calmait, j’avais honte.

Je repensais à son visage.

À la fatigue dans sa voix.

À la manière dont il avait essayé de m’aider avant que je transforme son aide en reproche.

Je voulais m’excuser.

Mais même là, quelque chose se bloquait.

J’avais peur qu’en reconnaissant ce que j’avais fait, il me dise que c’était la fois de trop.

Alors je faisais parfois comme si rien ne s’était passé.

Je proposais de regarder une série.

Je demandais ce qu’on allait manger.

Je lui montrais une vidéo sur mon téléphone.

Tout sauf dire :

« J’ai eu besoin de toi hier soir et j’ai tout fait pour t’empêcher de m’aider. »

Avec mes amis, c’était différent, mais le résultat était souvent le même.

Quand j’allais mal, je pouvais envoyer un message comme :

« J’en peux plus. »

Puis, lorsque quelqu’un me demandait ce qu’il se passait, je répondais :

« Laisse, c’est pas grave. »

Si la personne insistait, je devenais sèche.

Si elle n’insistait pas, je pensais qu’elle se fichait de moi.

Je pouvais même supprimer toute la conversation parce que j’avais honte d’avoir laissé voir que j’avais besoin de quelqu’un.

Puis rouvrir l’application dix minutes plus tard pour vérifier si la personne avait réécrit.

Une fois, une amie est venue jusque chez moi après que je lui avais envoyé plusieurs messages inquiétants.

Pendant qu’elle faisait le trajet, je regardais l’heure.

Je calculais combien de minutes il lui restait avant d’arriver.

J’espérais qu’elle se dépêche.

J’avais besoin de savoir qu’une personne était réellement en train de venir pour moi.

Mais lorsqu’elle a sonné, je n’ai pas ouvert.

J’étais assise par terre, juste derrière la porte.

Je l’entendais m’appeler.

Elle disait mon prénom.

Elle me disait qu’elle savait que j’étais là.

Moi, je restais silencieuse.

J’avais voulu qu’elle vienne.

J’avais attendu son arrivée.

Mais lorsqu’elle s’est retrouvée réellement de l’autre côté de la porte, je me suis sentie incapable de la laisser entrer.

J’avais peur de son regard.

Peur qu’elle me voie assise par terre, les yeux gonflés, incapable d’expliquer pourquoi tout me semblait aussi insupportable.

Peur qu’elle découvre à quel point j’étais mal et qu’elle ne me regarde plus jamais de la même manière.

Elle est restée un long moment dans le couloir.

Elle a essayé de me parler à travers la porte.

Puis elle a fini par glisser un petit mot en dessous.

Il disait simplement :

« Je rentre chez moi, mais tu peux m’appeler à n’importe quelle heure. Je ne t’en veux pas. »

J’ai attendu de ne plus entendre ses pas dans l’escalier pour ouvrir.

J’ai ramassé le papier.

Et j’ai pleuré encore plus fort.

Parce que j’avais obtenu exactement ce que je voulais : quelqu’un était venu.

Et malgré ça, je n’avais pas réussi à accepter sa présence.

Pendant longtemps, j’ai cru que cela prouvait que je ne voulais pas réellement être aidée.

Les autres me le disaient parfois :

« On essaie d’être là, mais tu nous repousses. »

« On ne sait plus ce que tu attends de nous. »

« Tu demandes de l’aide, puis tu refuses tout ce qu’on te propose. »

Ils n’avaient pas complètement tort.

Je comprenais leur fatigue.

Je comprenais qu’ils avaient peur de faire encore une fois la mauvaise chose.

Mais ce qu’ils ne voyaient pas, c’est que recevoir de l’aide me faisait peur.

Être aidée voulait dire reconnaître que je n’arrivais plus à tenir seule.

Cela voulait dire montrer une partie de moi que je trouvais honteuse.

Cela voulait dire dépendre, même quelques minutes, d’une personne qui pouvait ensuite décider de ne plus être là.

Alors je préférais parfois gâcher moi-même le rapprochement.

Au moins, si je repoussais la personne la première, je pouvais me raconter que son départ venait de moi.

Que je l’avais choisi.

C’était moins effrayant que d’attendre qu’elle découvre qui j’étais réellement et qu’elle décide, elle, de partir.

Je ne faisais pas tout cela de manière calculée.

Je ne me disais pas :

« Je vais la tester pour vérifier si elle m’aime. »

Sur le moment, je me sentais réellement en danger.

Même lorsque ce danger n’était visible pour personne d’autre.

Je voulais me protéger.

Sauf qu’à force de me protéger de l’abandon, je provoquais parfois exactement ce que je redoutais.

Les gens se fatiguaient.

Ils avaient peur de mal faire.

Ils finissaient par prendre leurs distances.

Et moi, je voyais leur éloignement comme la preuve que personne ne restait jamais.

J’ai mis beaucoup de temps à comprendre que les autres ne pouvaient pas traduire chacune de mes phrases.

Que « laisse-moi tranquille » ressemblait réellement à une demande de solitude.

Que quelqu’un pouvait m’aimer et malgré tout respecter la limite que je venais de lui imposer.

Que partir d’une pièce ne voulait pas toujours dire disparaître de ma vie.

Aujourd’hui, j’essaie de parler un peu plus tôt.

Avant que la peur prenne toute la place.

Avant que chaque question ressemble à une intrusion.

Avant que je dise à quelqu’un de partir en espérant secrètement qu’il reste.

Je n’y arrive pas toujours.

Il m’arrive encore de répondre que tout va bien alors que j’attends qu’on remarque le contraire.

Il m’arrive encore de regarder mon téléphone sonner sans décrocher.

Puis de le reprendre quelques secondes plus tard pour vérifier si la personne a laissé un message.

Mais, parfois, je réussis à écrire quelque chose de plus honnête.

Une fois, j’ai envoyé :

« Je vais mal. Je n’arrive pas encore à en parler, mais je crois que j’ai besoin que tu restes disponible. »

J’ai posé mon téléphone face contre la table juste après.

J’avais presque envie d’effacer le message.

Je suis revenue regarder l’écran plusieurs fois avant que la réponse arrive.

Elle disait simplement :

« D’accord. Je suis là. Tu n’as rien besoin d’expliquer tout de suite. »

Je n’ai pas su quoi répondre.

Alors j’ai seulement envoyé un cœur.

Cela paraît minuscule.

Mais, cette fois-là, je n’avais pas prétendu que tout allait bien.

Je n’avais pas demandé à la personne de deviner.

Et surtout, je ne l’avais pas repoussée avant qu’elle puisse m’aider.

Je ne suis pas devenue quelqu’un qui sait facilement tendre la main.

J’ai encore peur d’être vue dans les moments où je ne maîtrise plus rien.

J’ai encore peur qu’une personne s’approche assez pour découvrir tout ce que j’essaie de cacher.

Mais j’apprends doucement qu’avouer que j’ai besoin de quelqu’un ne me rend pas faible.

Parfois, la phrase la plus difficile à prononcer n’est pas :

« Aide-moi. »

C’est :

« J’ai peur de te laisser entrer… mais je n’ai pas envie que tu partes. »


Pourquoi peut-on vouloir être aidé tout en repoussant les autres quand on est borderline ?

Vu de l’extérieur, cette contradiction peut être difficile à comprendre.

Pourquoi attendre qu’une personne remarque notre souffrance…

puis lui répondre que tout va bien lorsqu’elle s’en approche ?

Pourquoi espérer qu’elle appelle…

puis regarder le téléphone sonner sans décrocher ?

Pourquoi lui demander de partir…

tout en vivant son départ comme un abandon ?

Pourtant, vouloir être aidé ne signifie pas toujours réussir à recevoir cette aide.

Chez une personne vivant avec un trouble de la personnalité limite, la proximité peut apporter du réconfort, mais aussi réveiller une peur profonde.

Se laisser aider, c’est accepter d’être vu dans un moment où l’on se sent vulnérable.

C’est montrer ce que l’on cache habituellement.

C’est reconnaître que l’on ne parvient plus à tout supporter seul.

Et c’est parfois prendre le risque de s’attacher encore davantage à une personne qui pourrait, un jour, s’éloigner.

💡 Selon Psycom, le trouble borderline peut notamment se manifester par des émotions débordantes et une forte impulsivité. Le National Institute of Mental Health explique également que les difficultés à réguler les émotions peuvent influencer l’image de soi et les relations avec les autres.

Dans ces moments d’intense détresse, deux besoins peuvent donc se confronter.

Une partie de la personne voudrait dire :

« Aide-moi. »

Tandis qu’une autre lui souffle :

« Ne lui montre surtout pas à quel point tu as besoin d’elle. »

Ce n’est pas nécessairement un choix réfléchi.

Ce n’est pas toujours une manière volontaire de tester ou de manipuler l’autre.

C’est parfois un réflexe de protection qui se déclenche au moment même où la personne aurait le plus besoin de pouvoir baisser sa garde.

Comme Mélissa derrière sa porte, elle peut attendre qu’une personne vienne jusqu’à elle…

puis se sentir incapable de la laisser entrer lorsqu’elle arrive réellement.

Repousser quelqu’un ne signifie pas toujours vouloir qu’il parte

Lorsque Mélissa dit :

« Laisse-moi tranquille. »

les personnes qui l’entourent ne peuvent pas savoir qu’une autre phrase reste enfermée derrière ces mots :

« J’ai peur que tu partes si tu découvres à quel point je vais mal. »

Elles entendent une demande de solitude.

Elles la respectent.

Et Mélissa peut alors vivre leur éloignement comme la confirmation de ce qu’elle redoutait déjà :

« Personne ne reste jamais pour moi. »

Un cercle douloureux peut ainsi se mettre en place.

La personne souffre.

Elle aimerait être aidée.

La peur ou la honte la pousse à repousser celui qui s’approche.

L’autre prend ses distances pour respecter sa demande ou se protéger.

Et cet éloignement renforce ensuite sa peur de l’abandon et son impression d’être seule.

Cela ne signifie pas que les proches doivent ignorer toutes les paroles prononcées ou franchir toutes les limites.

Personne ne peut être obligé de deviner que :

« Va-t’en » signifie parfois « reste ».

Et comprendre la souffrance qui se cache derrière un comportement ne veut pas dire que toutes les paroles blessantes doivent être acceptées.

Les proches peuvent eux aussi se sentir perdus, épuisés ou impuissants.

Ils peuvent avoir besoin de poser des limites claires pour préserver la relation et leur propre équilibre.

L’enjeu n’est donc pas d’apprendre à traduire chaque silence ou chaque phrase contradictoire.

Il est de parvenir, progressivement, à construire une manière de communiquer dans laquelle chacun sait un peu mieux ce que l’autre attend.

Apprendre à demander de l’aide sans devoir tout expliquer

Pour une personne qui a longtemps caché sa vulnérabilité, demander directement :

« J’ai besoin de toi »

peut sembler immense.

Elle peut craindre de déranger.

D’être jugée.

D’être considérée comme trop dépendante.

Ou que son besoin soit utilisé contre elle plus tard.

Le premier pas n’est donc pas toujours une grande conversation.

Il peut ressembler au petit message envoyé par Mélissa :

« Je vais mal. Je ne peux pas encore en parler, mais j’ai besoin que tu restes disponible. »

Il peut aussi être possible de préciser simplement :

« J’ai besoin que tu restes près de moi sans me poser de questions pour l’instant. »

« Je veux être seule quelques minutes, mais j’aimerais que tu reviennes ensuite. »

« J’ai envie de te repousser, mais ce n’est pas vraiment ce que je souhaite. »

Ces phrases ne font pas immédiatement disparaître la peur.

Elles ne rendent pas chaque situation facile.

Mais elles permettent à l’autre de ne plus devoir choisir entre insister au risque de devenir envahissant et partir au risque d’être vécu comme abandonnant.

Elles transforment une attente impossible à deviner en une demande que l’autre peut réellement entendre.

Accepter une présence sans avoir honte d’en avoir besoin

Se laisser aider ne signifie pas devenir faible ou dépendre entièrement d’une autre personne.

Cela ne signifie pas non plus que l’autre doit tout réparer.

Parfois, l’aide ne consiste pas à trouver les bons mots.

Elle peut simplement prendre la forme d’une présence.

Un message.

Une personne assise dans la même pièce.

Un appel auquel on ne sait pas encore quoi répondre.

Un cœur envoyé lorsqu’aucune phrase ne semble possible.

Pour quelqu’un qui a appris à se protéger en éloignant les autres, accepter ce petit lien peut déjà représenter un immense changement.

Il ne s’agit pas de ne plus avoir peur.

Il s’agit d’apprendre, peu à peu, à ne plus laisser la peur parler entièrement à sa place.

Parce que derrière certaines portes fermées, certains appels ignorés et certains :

« Je n’ai besoin de personne »

se trouve parfois quelqu’un qui espère profondément ne plus avoir à affronter seul ce qu’il traverse.

Quelqu’un qui ne sait pas encore comment tendre la main sans avoir peur de ce qui se passera lorsqu’une autre main la saisira.

Et dont la demande la plus sincère ne ressemble pas toujours à :

« Aide-moi. »

Elle ressemble parfois simplement à :

« Je ne sais pas encore comment te laisser entrer… mais reste assez près pour que je puisse essayer. »


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À propos de ce récit

Le récit incarné par Mélissa, 29 ans, est un témoignage composite inspiré de ressentis et de situations fréquemment rapportés par des personnes vivant avec un trouble borderline.

Chaque expérience reste unique.

Mettre des mots sur cette contradiction peut néanmoins aider certaines personnes à comprendre qu’elles ne refusent pas forcément toute aide.

Elles peuvent la désirer profondément…

tout en ayant encore peur de ce qu’elles devront montrer d’elles-mêmes pour pouvoir la recevoir.

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