Ça fait quoi de regretter ce qu’on a dit après une crise borderline ?

Ça fait quoi de regretter ce qu’on a dit après une crise borderline ?

Sur le moment, les mots sortent trop vite.

Ils semblent nécessaires.

Justifiés.

Parfois même indispensables pour faire comprendre à l’autre à quel point on souffre.

Puis l’émotion retombe.

Le silence revient.

Et avec lui, les phrases prononcées, les messages envoyés, le visage de la personne blessée.

On relit.

On se souvient.

On regrette.

Pas seulement parce qu’on a peur d’avoir été trop loin.

Mais parce qu’on ne reconnaît plus vraiment la personne que l’on était quelques heures plus tôt.

Le témoignage qui suit raconte cet après particulièrement douloureux : celui où la crise est terminée, mais où commence la peur d’avoir abîmé quelque chose qu’on voulait justement protéger.

Parce qu’après avoir dit :

« Je ne veux plus jamais te voir… »

peut parfois venir une pensée impossible à calmer :

« Et si, cette fois, je l’avais vraiment fait partir ? »


Témoignage : regretter ce qu’on a dit après une crise borderline

Lou, 27 ans

Moi, quand je suis en colère, je ne deviens pas silencieuse.

Je parle.

Beaucoup.

Trop vite.

Et surtout, je sais exactement où appuyer pour faire mal.

Je connais les failles des personnes que j’aime.

Les sujets qu’elles évitent.

Les complexes qu’elles cachent.

Les phrases qu’elles m’ont confiées un soir parce qu’elles avaient confiance en moi.

Pendant une crise, tout cela peut devenir une arme.

Je ne prépare rien.

Je ne me dis pas :

« Tiens, je vais utiliser ça contre elle. »

Mais dès que je me sens blessée, humiliée ou abandonnée, les mots arrivent tout seuls.

Et ils arrivent toujours au pire endroit.

Sur le moment, je veux gagner.

Je veux que l’autre arrête de parler.

Je veux voir dans son visage qu’il a enfin compris que moi aussi, j’ai mal.

Alors je lance la phrase.

Celle que je sais impossible à oublier.

Pendant quelques secondes, il y a un silence.

Et une partie de moi se sent presque soulagée.

Comme si j’avais repris le contrôle.

Puis je vois le visage de la personne.

Et je comprends que je n’ai rien gagné du tout.

La dernière grosse crise que j’ai eue, c’était avec ma sœur.

Nous étions chez notre mère pour déjeuner.

Il n’y avait rien de spécial.

Un repas du dimanche.

Le poulet dans le four.

La télévision allumée trop fort dans le salon.

Ma mère qui demandait trois fois si quelqu’un voulait encore des pommes de terre.

Ma sœur m’a fait une remarque sur mon retard.

Elle a dit :

« On t’attend toujours, Lou. Tu pourrais prévenir, au moins. »

C’était vrai.

J’avais presque quarante minutes de retard.

Je n’avais pas prévenu.

J’aurais pu répondre :

« Oui, désolée. »

Ça aurait dû s’arrêter là.

Mais ce jour-là, j’avais déjà passé une mauvaise matinée.

J’avais mal dormi.

J’avais reçu un message qui m’avait contrariée.

Je m’étais changée trois fois avant de partir parce que je ne supportais rien sur moi.

La remarque de ma sœur est arrivée au mauvais moment.

J’ai entendu :

« Tu es incapable de faire quoi que ce soit correctement. »

Alors que ce n’est pas ce qu’elle avait dit.

Je lui ai répondu sèchement.

Elle m’a demandé de me calmer.

Je déteste qu’on me dise de me calmer.

C’est comme si, d’un seul coup, tout ce que je ressens devenait ridicule.

Elle a ajouté :

« On ne peut jamais rien te dire sans que tu partes au quart de tour. »

Et là, je suis partie.

Pas de la maison.

Dans ma tête.

Je ne voyais plus ma sœur devant moi.

Je voyais quelqu’un qui me jugeait.

Quelqu’un qui pensait que j’étais le problème de la famille.

Quelqu’un qui allait finir par se lasser de moi.

Alors j’ai attaqué avant qu’elle puisse aller plus loin.

Je lui ai dit qu’elle se croyait supérieure à tout le monde.

Qu’elle passait son temps à donner des leçons alors que sa propre vie n’était pas parfaite.

Elle m’a demandé de ne pas parler de ça devant notre mère.

J’ai compris immédiatement que j’avais trouvé l’endroit sensible.

Et au lieu de m’arrêter…

j’ai continué.

Je lui ai parlé de son couple.

D’une chose qu’elle m’avait confiée quelques semaines plus tôt.

Elle m’avait demandé de ne jamais en parler.

Je l’ai utilisée contre elle devant notre mère.

Je me souviens encore de son visage.

Elle n’a pas crié.

Elle n’a pas répondu.

Elle m’a seulement regardée comme si elle ne me reconnaissait plus.

Puis elle a posé sa fourchette.

Elle a pris son manteau.

Et elle est partie.

Ma mère m’a dit :

« Là, tu as dépassé les bornes. »

J’ai répondu :

« Tout le monde me cherche et après, c’est encore moi la méchante. »

Je le disais fort.

Je faisais comme si j’étais toujours certaine d’avoir raison.

Mais je savais déjà.

Je savais que j’avais fait quelque chose de vraiment moche.

Je suis partie à mon tour.

Dans la voiture, j’ai mis la musique tellement fort que je n’entendais presque plus le moteur.

Je ne voulais pas réfléchir.

Je ne voulais surtout pas réentendre ma propre phrase dans ma tête.

Mais elle revenait quand même.

Exactement avec le ton que j’avais employé.

Je pouvais encore voir le moment où le visage de ma sœur avait changé.

En rentrant chez moi, je n’ai pas pleuré.

Je ne pleure presque jamais tout de suite.

Je suis trop en colère pour ça.

J’ai commencé à nettoyer ma cuisine.

J’ai vidé le lave-vaisselle.

J’ai frotté une plaque qui était déjà propre.

J’ai trié un tiroir rempli de couverts.

À minuit, j’étais encore en train de déplacer des choses dans mes placards.

Je fais ça quand je regrette.

Je m’occupe les mains pour ne pas avoir à penser.

Je me répétais que ma sœur m’avait provoquée.

Qu’elle savait très bien que je n’allais pas bien.

Qu’elle n’aurait pas dû me parler comme ça devant tout le monde.

Je cherchais tout ce qui pouvait diminuer ma responsabilité.

Et puis, au milieu de la nuit, j’ai repensé à ce qu’elle m’avait confié.

Elle avait pleuré ce jour-là.

Elle m’avait dit qu’elle n’en avait parlé à personne d’autre.

Moi, je lui avais promis que cela resterait entre nous.

Et quelques semaines plus tard, j’avais sorti cette confidence devant notre mère simplement parce que je voulais gagner une dispute sur mon retard.

Là, je n’ai plus réussi à me raconter que nous étions à égalité.

Sa remarque m’avait blessée.

Mais moi, j’avais choisi la phrase qui pouvait la détruire.

Le lendemain, je n’ai pas envoyé de message.

J’ai ouvert notre conversation plusieurs fois.

Je n’écrivais rien.

Je ne suis pas comme les personnes qui arrivent à envoyer un long texte d’excuses.

Dès que je commence à écrire, je trouve les phrases fausses.

« Je suis désolée si je t’ai blessée. »

Non.

Il n’y avait pas de “si”.

Je l’avais blessée.

« Je ne pensais pas ce que j’ai dit. »

Ce n’était pas tout à fait vrai non plus.

J’avais pensé chaque mot pendant les quelques secondes où je les avais prononcés.

Je les avais choisis pour faire mal.

Le pire, c’est que j’aurais voulu qu’elle m’écrive en premier.

Qu’elle me dise qu’elle était énervée mais qu’elle m’aimait quand même.

Cela m’aurait permis de m’excuser sans avoir à supporter l’idée qu’elle pouvait réellement ne plus vouloir me parler.

Mais elle n’a rien envoyé.

Deux jours ont passé.

Je faisais la fière.

Quand ma mère m’a demandé si je l’avais appelée, j’ai répondu :

« Elle a aussi mon numéro. »

Comme si nous avions simplement eu une dispute ordinaire.

Comme si je n’attendais pas chaque vibration de mon téléphone.

Le troisième matin, je me suis arrêtée devant la boulangerie en allant travailler.

J’ai acheté deux cafés et les croissants qu’elle prend toujours.

Je suis restée dix minutes dans ma voiture devant chez elle.

Un café refroidissait dans le porte-gobelet.

J’ai failli repartir.

J’avais peur qu’elle ne m’ouvre pas.

Mais j’avais encore plus peur qu’elle m’ouvre et que je ne sache pas quoi dire.

Finalement, j’ai sonné.

Elle a ouvert.

Elle avait l’air fatiguée.

Elle a regardé les cafés, puis elle m’a regardée.

J’ai dit :

« Je ne suis pas venue faire comme si deux croissants allaient régler le problème. »

C’était exactement le genre de phrase que je pouvais dire.

Un peu sèche.

Un peu maladroite.

Comme si je devais plaisanter légèrement pour ne pas m’effondrer.

Elle n’a pas souri.

Elle m’a laissée entrer.

Nous nous sommes assises dans sa cuisine.

Pendant plusieurs secondes, aucune de nous n’a parlé.

J’avais préparé des phrases dans la voiture.

Elles avaient toutes disparu.

Alors j’ai dit la seule chose qui me semblait honnête :

« Ce que tu m’avais confié, je savais exactement pourquoi je ne devais jamais le répéter. Je l’ai dit quand même parce que je voulais te faire taire. Je n’ai pas d’excuse. »

Elle s’est mise à pleurer.

Je déteste voir quelqu’un pleurer à cause de moi.

Mon premier réflexe a été de dire :

« Je suis vraiment une grosse merde. »

Je voulais presque qu’elle me réponde que non.

Qu’elle me rassure.

Qu’elle déplace la conversation de sa douleur vers la mienne.

Mais je me suis arrêtée.

Je suis restée assise.

Elle m’a dit :

« Tu ne peux pas utiliser ce que je te confie chaque fois que tu te sens attaquée. Je ne pourrai plus rien te dire si j’ai peur que ça ressorte à la prochaine dispute. »

Ça m’a fait mal.

Pas parce qu’elle était injuste.

Parce qu’elle avait raison.

Je lui ai répondu :

« Je comprends. »

Je n’ai pas ajouté :

« Mais toi aussi, tu m’as blessée. »

Je n’ai pas rappelé mon retard, sa remarque ou ma mauvaise matinée.

Pour une fois, je n’ai pas essayé d’équilibrer les fautes pour avoir moins honte.

Elle ne m’a pas pardonné immédiatement.

Elle ne m’a pas prise dans ses bras.

Elle ne m’a pas dit que ce n’était pas grave.

Elle m’a seulement dit qu’elle avait besoin de temps avant de pouvoir me refaire confiance de la même manière.

J’ai eu envie de paniquer.

De lui demander combien de temps.

Si elle allait encore m’inviter chez elle.

Si elle m’aimait toujours.

Je n’ai posé aucune de ces questions.

J’ai bu mon café devenu froid.

Et je suis restée là.

C’est peut-être la première fois que j’ai compris qu’une vraie excuse ne donne pas automatiquement droit au pardon.

Dire pardon ne supprime pas les mots.

Cela ne remet pas immédiatement la relation comme avant.

Parfois, réparer signifie accepter que l’autre reste blessé pendant un moment sans lui demander de nous rassurer.

Ma sœur et moi ne sommes pas redevenues comme avant dès ce matin-là.

Pendant plusieurs semaines, elle m’a moins confié de choses.

Je le sentais.

Cela me faisait mal, mais je savais pourquoi.

Je n’ai pas essayé de lui arracher une preuve de confiance.

J’ai attendu.

J’ai tenu mes paroles.

Et doucement, elle a recommencé à me parler.

Aujourd’hui, je regrette encore certaines choses après mes crises.

Je ne suis pas devenue calme.

Je peux toujours monter très vite.

Je peux encore sentir une phrase terrible arriver dans ma bouche.

Mais j’essaie de reconnaître ce moment précis.

Celui où je ne cherche plus à être comprise.

Celui où je cherche seulement à faire mal.

La dernière fois que c’est arrivé, j’étais encore avec ma sœur.

Nous commencions à nous disputer dans sa cuisine.

Je sentais déjà mes mains trembler.

J’avais une phrase en tête.

Une de ces phrases qu’on ne peut plus reprendre après.

Je l’ai regardée.

J’ai pris mon manteau.

Et j’ai dit :

« Là, je vais dire quelque chose que je vais regretter. Je rentre chez moi et je t’appelle demain. »

Elle n’a pas essayé de me retenir.

Je suis partie énervée.

Dans la voiture, j’avais encore envie de revenir finir la dispute.

Mais le lendemain, je l’ai appelée.

Nous avons repris la conversation.

Je n’ai pas tout bien dit.

Elle non plus.

Mais cette fois, je n’ai pas utilisé ses blessures contre elle.

Je ne sais pas si je réussirai toujours à m’arrêter.

Je sais seulement qu’avant, je croyais que regretter signifiait passer la nuit à me détester.

Aujourd’hui, je commence à comprendre que le vrai regret doit aussi changer quelque chose dans ce que je fais après.

Parfois, ma plus grande victoire n’est pas de trouver les bons mots.

C’est de quitter une pièce avec une phrase encore dans la bouche…

et de décider qu’elle ne deviendra jamais un souvenir dans la tête de quelqu’un que j’aime.


Pourquoi regrette-t-on ses paroles après une crise borderline ?

Pendant une crise émotionnelle, les mots ne servent pas toujours uniquement à expliquer ce que l’on ressent.

Ils peuvent aussi devenir une manière de se défendre.

De reprendre le contrôle.

De faire comprendre à l’autre que l’on souffre.

Et parfois, comme dans le témoignage de Lou, de toucher la personne exactement à l’endroit où l’on sait qu’elle sera blessée.

Sur le moment, la colère peut donner l’impression que cette attaque est justifiée.

La personne ne voit plus seulement quelqu’un qui lui fait une remarque.

Elle peut avoir l’impression d’être jugée, rejetée, humiliée ou abandonnée.

Puis l’intensité retombe.

La dispute s’arrête.

Et les paroles restent.

💡 Selon Psycom, le trouble borderline peut notamment se manifester par des émotions débordantes et une forte impulsivité. Le National Institute of Mental Health rappelle également que les difficultés à réguler les émotions peuvent influencer les comportements, l’image de soi et les relations avec les autres.

Cela permet de comprendre pourquoi certains mots peuvent sortir avant que toutes leurs conséquences aient été mesurées.

Mais comprendre ce mécanisme ne signifie pas considérer que ces paroles ne comptent pas.

Une émotion peut être légitime sans rendre tous les mots acceptables

La remarque de la sœur de Lou la touche à un moment où elle est déjà fatiguée et vulnérable.

Sa blessure est réelle.

Pourtant, utiliser une confidence intime pour gagner la dispute reste un comportement profondément blessant.

Ces deux réalités peuvent exister ensemble :

« Ce que tu m’as dit m’a fait mal. »

et :

« Je n’avais pas le droit d’utiliser cette douleur pour te faire mal à mon tour. »

Reconnaître sa responsabilité ne signifie donc pas nier ce qui a déclenché la crise.

Cela signifie faire la différence entre l’émotion ressentie et la manière dont elle a été exprimée.

C’est cette différence que Lou commence à comprendre lorsqu’elle cesse de chercher toutes les raisons qui pourraient diminuer sa responsabilité.

Elle ne dit plus seulement qu’elle était fatiguée, provoquée ou déjà énervée.

Elle reconnaît précisément :

« Tu m’avais confié quelque chose et je l’ai utilisé pour te faire taire. »

Se détester n’est pas la même chose que réparer

Après une crise, la honte peut devenir immense.

La personne peut penser :

« Je suis horrible. »

« Je détruis toutes mes relations. »

« Personne ne devrait rester avec moi. »

Pourtant, se condamner entièrement peut parfois empêcher d’affronter réellement ce qui s’est passé.

Lorsque Lou est sur le point de dire à sa sœur qu’elle est une mauvaise personne, elle espère presque être rassurée.

La discussion risquerait alors de quitter la douleur de sa sœur pour se concentrer sur la peur de Lou d’être abandonnée.

Réparer demande quelque chose de plus difficile :

  • reconnaître précisément la parole ou le comportement blessant ;
  • écouter ce que l’autre a ressenti ;
  • ne pas chercher immédiatement à se justifier ;
  • accepter que la personne blessée ait besoin de temps ;
  • comprendre qu’une excuse sincère ne donne pas automatiquement droit au pardon.

Les cafés et les croissants apportés par Lou ne réparent donc pas à eux seuls la confiance perdue.

Ce qui compte surtout, c’est ce qu’elle fait ensuite.

Elle accepte que sa sœur se protège.

Elle ne lui réclame pas immédiatement la preuve que tout est pardonné.

Elle laisse la confiance revenir progressivement grâce à ses actes.

Le véritable changement peut commencer avant les excuses

Regretter ses paroles ne consiste pas uniquement à souffrir une fois la crise terminée.

Le regret devient réellement utile lorsqu’il commence à modifier ce qui se produit lors de la crise suivante.

Dans la dernière scène, Lou reconnaît le moment où elle ne cherche plus à être comprise.

Elle sent qu’une phrase blessante est sur le point de sortir.

Cette fois, elle quitte la pièce.

Elle ne règle pas immédiatement le désaccord.

Elle reste énervée.

Elle n’a pas soudainement appris à contrôler toutes ses émotions.

Mais elle empêche une nouvelle parole de devenir un souvenir douloureux dans la tête de sa sœur.

C’est parfois là que commence la réparation.

Pas dans une promesse parfaite.

Pas dans l’assurance que cela ne recommencera jamais.

Mais dans cette seconde où la personne reconnaît ce qui est en train de se passer et essaie, même maladroitement, de faire autrement.

Parce qu’on ne peut pas toujours effacer les mots déjà prononcés.

Mais on peut apprendre à reconnaître ceux qui s’apprêtent à sortir…

et décider qu’ils n’auront pas besoin d’être regrettés demain.


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Merci à Lou pour son témoignage

Merci à Lou, 27 ans, d’avoir accepté de raconter ce moment particulièrement difficile qui suit certaines crises : celui où la colère a disparu, mais où les paroles prononcées continuent de faire mal.

Son témoignage ne représente pas toutes les personnes vivant avec un trouble borderline.

Chaque personne réagit différemment, chaque relation possède son histoire et toutes les crises ne prennent pas la même forme.

Mais en partageant son expérience, Lou permet de comprendre qu’un regret sincère ne se mesure pas seulement à la culpabilité ressentie après une dispute.

Il se révèle aussi dans la capacité à regarder ce que l’on a fait sans fuir, à entendre la blessure de l’autre et à accepter que la confiance demande parfois du temps pour revenir.

Parce qu’une véritable excuse ne consiste pas uniquement à dire :

« Je regrette mes paroles. »

Elle consiste aussi à essayer, la fois suivante, de ne pas laisser sa souffrance les prononcer à sa place.

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