Quels symptômes du trouble borderline diminuent avec l’âge ?
Les symptômes du trouble borderline diminuent-ils réellement avec l’âge ? Lorsqu’une personne compare ses réactions actuelles à celles qu’elle avait dix ou vingt ans auparavant, elle peut parfois constater des changements importants. Certaines crises sont moins fréquentes, certaines décisions moins immédiates et certains comportements autrefois difficiles à contenir ont reculé.
Mais cette évolution n’est pas uniforme. Une personne peut devenir moins impulsive tout en continuant à ressentir une peur intense de l’abandon. Elle peut ne plus se mettre en danger comme auparavant, mais rester profondément affectée par un silence, une critique ou l’impression d’être rejetée.
Les recherches menées sur plusieurs années ont remis en question l’idée d’un trouble de la personnalité limite nécessairement figé. Elles montrent que de nombreuses manifestations peuvent diminuer, mais aussi que les symptômes comportementaux et les difficultés intérieures n’évoluent pas toujours au même rythme. Le NICE recommande d’ailleurs d’évaluer l’évolution du trouble au-delà des seuls symptômes visibles, en tenant compte du fonctionnement personnel, de l’automutilation, de la dépression et des consommations.
Il ne faut donc pas transformer les tendances observées dans les études en calendrier universel. L’âge ne garantit ni la disparition d’un symptôme ni une amélioration automatique. L’évolution dépend aussi de l’accompagnement reçu, de l’environnement, des relations et des événements traversés.
Nous allons ici examiner les principaux symptômes séparément pour comprendre lesquels semblent diminuer le plus souvent, lesquels évoluent plus lentement et lesquels peuvent surtout devenir moins visibles.
À savoir 🧠 Les informations présentées décrivent des tendances observées dans des groupes de personnes. Elles ne permettent pas de prévoir précisément l’évolution d’une situation individuelle et ne remplacent pas l’évaluation d’un professionnel de santé.
⚡ Réponse rapide : quels symptômes borderline diminuent le plus souvent avec l’âge ?
Les manifestations qui semblent diminuer le plus fréquemment sont l’impulsivité, certains comportements à risque, les automutilations, certaines conduites suicidaires et plusieurs comportements relationnels très chaotiques.
Les crises visibles, les ruptures décidées dans l’urgence et certaines réactions immédiates peuvent également devenir moins fréquentes.
En revanche, la peur de l’abandon, le sentiment chronique de vide, la difficulté à supporter la solitude et certaines difficultés identitaires ou relationnelles peuvent évoluer plus lentement.
Un comportement moins visible ne signifie pas nécessairement que l’émotion qui le provoquait a disparu. Une personne peut ne plus agir immédiatement tout en continuant à ressentir une détresse importante.
Les recherches suggèrent donc moins une disparition uniforme du trouble qu’un décalage entre l’apaisement de certains comportements et la persistance de vulnérabilités plus intérieures. Chez les adultes borderline plus âgés, certaines études retrouvent moins d’impulsivité, d’automutilations et d’instabilité affective, mais davantage de vide chronique et toujours un retentissement social important.
Table des Matières
🧭 Tous les symptômes borderline n’évoluent pas au même rythme
Le trouble borderline ne correspond pas à une manifestation unique. Deux personnes portant le même diagnostic peuvent présenter des combinaisons très différentes d’impulsivité, de peur de l’abandon, d’instabilité relationnelle, de vide intérieur, de colère ou de difficultés identitaires.
De la même manière, les symptômes d’une même personne ne diminuent pas nécessairement ensemble.
Certaines recherches distinguent deux ensembles utiles pour étudier leur évolution :
les manifestations aiguës, souvent visibles pendant les crises et susceptibles d’évoluer plus rapidement ;
les manifestations dites tempéramentales ou plus persistantes, liées notamment à la souffrance émotionnelle chronique, à la solitude et à certains conflits relationnels.
Les comportements impulsifs, les automutilations et plusieurs réactions directement liées aux crises figurent plutôt parmi les manifestations aiguës. La colère chronique et l’intolérance à la solitude ont notamment été décrites comme plus lentes à évoluer.
Repère médical 🔬 Cette distinction est utilisée dans certains travaux de recherche pour étudier l’évolution des manifestations du trouble. Elle ne constitue pas une nouvelle classification diagnostique officielle.
Symptôme ou difficulté
Tendance générale observée
Impulsivité
Diminue fréquemment avec l’âge
Automutilations et conduites suicidaires
Peuvent diminuer, sans disparition garantie du risque
Comportements à risque
Souvent moins fréquents
Relations très chaotiques
Peuvent devenir moins explosives
Colères visibles
Peuvent s’espacer, mais une colère intérieure peut persister
Instabilité émotionnelle
Évolution variable selon les personnes
Peur de l’abandon
Peut évoluer plus lentement
Difficulté à supporter la solitude
Peut rester durable
Sentiment de vide
Peut persister ou changer de forme
Difficultés identitaires
Peuvent rester présentes malgré un meilleur contrôle comportemental
Cette évolution différente selon les symptômes explique pourquoi une personne peut sembler beaucoup plus stable sans avoir le sentiment d’être complètement libérée de sa souffrance.
Comment interpréter les études ? Certaines recherches suivent les mêmes personnes pendant plusieurs années : ce sont des études longitudinales. D’autres comparent, à un moment précis, des groupes de personnes d’âges différents. Ces deux méthodes sont utiles, mais une différence entre adultes jeunes et adultes plus âgés ne permet pas, à elle seule, de prévoir comment une personne précise évoluera en vieillissant.
⚡ L’impulsivité est-elle le symptôme qui diminue le plus avec l’âge ?
L’impulsivité est l’une des manifestations pour lesquelles les différences liées à l’âge apparaissent le plus régulièrement dans les recherches.
Elle peut se manifester par des dépenses incontrôlées, certaines consommations, des comportements sexuels risqués, une conduite dangereuse, des décisions professionnelles soudaines ou une rupture annoncée immédiatement après une blessure émotionnelle.
Plusieurs études ont observé moins d’impulsivité chez les adultes borderline plus âgés. Cette diminution n’était toutefois pas toujours accompagnée d’un recul équivalent de la détresse affective, des difficultés identitaires ou des problèmes relationnels.
L’envie d’agir peut encore apparaître. Ce qui change est parfois le délai entre l’émotion et l’action.
Une personne qui aurait autrefois quitté son emploi immédiatement après une critique peut, quelques années plus tard :
ressentir encore une forte colère ;
penser à partir ;
rédiger un message de démission ;
attendre une nuit avant de l’envoyer ;
puis choisir d’en parler ou de chercher une autre solution.
Quelques heures de recul peuvent suffire à modifier profondément les conséquences d’une crise.
L’expérience peut aider à reconnaître un mécanisme déjà vécu. Un accompagnement thérapeutique peut aussi permettre de mieux tolérer la détresse, d’identifier le déclencheur et de différer une décision importante.
Il faut néanmoins éviter une interprétation trop simple. Une impulsivité moins visible peut également résulter d’un changement de mode de vie : moins d’occasions de sortir, davantage de responsabilités, un environnement plus stable ou parfois un isolement plus important.
Diminuer un comportement impulsif constitue un changement réel. Il reste toutefois utile de comprendre si l’émotion est mieux régulée ou si les situations susceptibles de la déclencher sont simplement devenues plus rares.
🩹 Les automutilations et les conduites suicidaires peuvent-elles diminuer ?
Les automutilations, les conduites suicidaires et certaines formes de mise en danger comptent parmi les manifestations les plus graves pouvant être associées au trouble borderline.
Plusieurs études comparant différentes tranches d’âge ont observé moins d’automutilations et de conduites suicidaires chez les personnes borderline plus âgées. Les études de suivi indiquent également que les manifestations directement liées aux crises peuvent reculer plus rapidement que certaines difficultés émotionnelles durables.
Cette évolution peut être favorisée par :
une meilleure reconnaissance des moments de danger ;
un accompagnement psychothérapeutique ;
la préparation d’un plan de crise ;
une diminution de certaines consommations ;
la présence de personnes pouvant être contactées ;
l’apprentissage d’autres moyens de traverser la détresse ;
une réduction de l’impulsivité.
Mais ces tendances ne signifient jamais que l’âge protège automatiquement contre le suicide ou l’automutilation.
Une personne peut ne plus s’être mise en danger depuis plusieurs années et connaître une réactivation lors d’une rupture, d’un deuil, d’une dépression ou d’une période d’isolement. Certains critères comme le vide chronique, les efforts pour éviter l’abandon et les perturbations identitaires restent d’ailleurs associés au risque de tentative de suicide dans les suivis à long terme.
Il faut également vérifier qu’un comportement n’a pas été remplacé par un autre. Une personne peut cesser de s’automutiler, mais augmenter sa consommation d’alcool, conduire dangereusement ou négliger volontairement sa santé.
La diminution d’un comportement autodestructeur est importante, mais elle ne suffit pas toujours à mesurer toute la souffrance intérieure.
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🌪️ Les colères et les crises émotionnelles deviennent-elles moins fréquentes ?
Les crises très visibles peuvent s’espacer, durer moins longtemps et provoquer moins de ruptures ou de paroles regrettées après coup.
Une personne peut progressivement reconnaître l’enchaînement qui mène au débordement :
un silence, une critique ou une distance est perçu comme un rejet ;
la peur, la honte ou la tristesse augmente rapidement ;
la colère devient plus facile à exprimer que la vulnérabilité ;
la personne attaque, menace de partir ou coupe le lien ;
la culpabilité apparaît lorsque l’émotion retombe.
Avec le temps, elle peut parfois identifier ce mécanisme dès ses premières étapes. Elle ne supprime pas nécessairement l’émotion, mais peut interrompre la discussion, demander une clarification ou attendre avant de répondre.
Il faut néanmoins distinguer les accès de colère visibles d’une colère intérieure plus chronique. Les explosions peuvent diminuer alors que la personne continue à ruminer, à ressentir une forte irritation ou à retourner sa colère contre elle-même. Les travaux distinguant manifestations aiguës et plus persistantes placent justement la colère chronique parmi les difficultés susceptibles d’évoluer plus lentement.
Une personne peut donc ne plus crier ni envoyer de messages agressifs, mais rester bouleversée pendant plusieurs jours.
Il existe une différence entre :
contenir une colère ;
comprendre ce qui l’a déclenchée ;
réussir à la réguler ;
et ne plus la ressentir avec la même intensité.
Ces étapes ne se produisent pas nécessairement au même moment.
💬 Les relations deviennent-elles moins instables ?
Les disputes permanentes, les ruptures impulsives, les demandes très pressantes ou les passages rapides entre idéalisation et rejet peuvent devenir moins fréquents.
Un suivi sur dix ans des manifestations relationnelles du trouble borderline a montré que certains comportements très visibles — comme les ruptures répétées ou plusieurs réactions relationnelles excessives — diminuaient plus rapidement que les difficultés liées à la dépendance, à la solitude et à la sécurité affective.
Avec l’expérience, une personne peut apprendre à :
attendre avant de bloquer un proche ;
ne plus interpréter chaque absence comme une rupture ;
revenir sur une décision prise pendant une crise ;
poser une limite sans supprimer immédiatement la relation ;
reconnaître qu’elle idéalise ou dévalorise momentanément quelqu’un ;
repérer plus tôt une relation violente ou imprévisible.
La stabilité relationnelle ne dépend cependant pas uniquement de la personne borderline.
Une relation sécurisante, des limites cohérentes et une communication relativement prévisible peuvent réduire certains déclencheurs. À l’inverse, un partenaire alternant proximité et rejet ou menaçant régulièrement de partir peut entretenir une forte insécurité.
Une autre évolution est possible : éviter toute relation pour ne plus traverser de crise.
La personne ne vit plus de conflits intenses parce qu’elle ne laisse plus personne s’approcher. Les disputes diminuent, mais au prix d’une solitude importante. Elle peut également provoquer une distance ou une rupture avant que l’autre ait la possibilité de l’abandonner, un mécanisme développé dans l’article Pourquoi le borderline détruit ce qu’il aime.
Une relation moins chaotique représente une amélioration. Mais l’objectif n’est pas seulement de supprimer les conflits visibles : il est aussi de pouvoir construire des liens sans devoir constamment attaquer, tester, fuir ou s’effacer.
🚪 La peur de l’abandon diminue-t-elle avec les années ?
La peur de l’abandon peut diminuer, mais elle ne suit pas nécessairement le même rythme que les comportements impulsifs ou les ruptures directement visibles.
Les études consacrées à l’évolution des difficultés interpersonnelles observent que de nombreuses manifestations relationnelles finissent par reculer. Toutefois, les conséquences émotionnelles de la solitude, les conflits autour de la dépendance et certaines préoccupations liées à l’abandon figurent parmi les aspects les plus lents à s’apaiser.
Cela ne signifie pas que cette peur reste toujours aussi intense. Elle peut surtout changer de forme.
Plus jeune, la personne pouvait :
appeler plusieurs fois ;
supplier l’autre de ne pas partir ;
provoquer une dispute pour tester la relation ;
menacer elle-même de rompre ;
surveiller constamment les messages.
Avec les années, ces comportements peuvent diminuer. Mais la peur peut devenir plus silencieuse :
attendre sans oser écrire ;
penser que l’autre ne reviendra pas ;
ne jamais demander d’aide pour ne pas dépendre ;
quitter dès que l’attachement devient trop important ;
accepter des comportements blessants par peur de finir seul.
Le comportement peut donc s’atténuer tandis que la vulnérabilité reste active.
Une évolution plus profonde apparaît lorsque la personne parvient à tolérer davantage l’incertitude, à distinguer une absence momentanée d’un abandon réel et à exprimer son besoin sans menacer la relation ni se mettre en danger.
🕳️ Le sentiment de vide peut-il s’atténuer ?
Le sentiment chronique de vide peut prendre la forme d’une impression de ne rien ressentir, de ne pas savoir qui l’on est, de vivre sans direction ou de devoir constamment chercher quelque chose pour remplir un espace intérieur.
Contrairement à une crise visible, le vide peut passer inaperçu. Une personne peut travailler, rire ou s’occuper de sa famille tout en ressentant une profonde déconnexion d’elle-même et des autres.
Dans une étude comparant des adultes borderline jeunes et plus âgés, les participants plus âgés rapportaient moins d’impulsivité, d’automutilations et d’instabilité affective, mais davantage de vide chronique. Cela ne signifie pas que le vide augmente nécessairement chez chaque personne avec l’âge : cette recherche comparait deux groupes différents et ne suivait pas chaque participant tout au long de sa vie.
Le vide peut également devenir plus apparent lorsque certains comportements diminuent.
Une personne pouvait auparavant chercher à le combler par :
des relations très intenses ;
des achats ;
des consommations ;
des prises de risque ;
des changements constants de projet ;
une activité permanente.
Lorsque ces comportements reculent, le vide qu’ils masquaient peut devenir plus perceptible.
À l’inverse, certaines personnes construisent progressivement des repères plus durables : une activité importante, des relations plus sécurisantes, une meilleure compréhension de leurs valeurs ou une identité moins dépendante du regard des autres.
L’amélioration ne signifie pas nécessairement ne plus jamais ressentir ce vide. Elle peut consister à ne plus devoir agir immédiatement pour lui échapper.
🪞 Les difficultés identitaires diminuent-elles avec l’âge ?
L’instabilité identitaire peut concerner l’image de soi, les projets, les valeurs, les goûts ou le sentiment d’être une personne cohérente d’une relation à l’autre.
Une personne peut se sentir forte et capable un jour, puis totalement inutile après une critique. Elle peut changer de projet selon la personne qu’elle fréquente ou avoir l’impression de devenir quelqu’un de différent dans chaque environnement.
Les études comparant adultes jeunes et adultes plus âgés n’observent pas systématiquement une diminution des difficultés identitaires comparable à celle de l’impulsivité. Une recherche a retrouvé moins d’impulsivité chez les patients plus âgés, sans différence équivalente concernant les perturbations identitaires, les difficultés affectives et les problèmes interpersonnels.
Cela ne signifie pas que l’identité reste nécessairement instable toute la vie.
L’expérience peut aider à identifier :
ce que l’on apprécie indépendamment de son couple ;
les valeurs auxquelles on tient ;
les projets que l’on souhaite poursuivre ;
les relations dans lesquelles on a tendance à s’effacer ;
les limites que l’on ne veut plus franchir.
Cette construction peut rester fragile. Une séparation, une perte d’emploi ou un changement important peuvent réactiver l’impression de ne plus savoir qui l’on est.
L’objectif n’est pas de devenir une personne immuable. Il est plutôt de construire un sentiment minimal de continuité, même lorsque les relations ou les circonstances changent.
🫥 Quand les symptômes diminuent-ils seulement en apparence ?
Une diminution extérieure ne correspond pas toujours à un apaisement intérieur.
Une personne peut ne plus se mettre en colère parce qu’elle réussit à exprimer son désaccord autrement. Dans ce cas, le changement est protecteur.
Mais elle peut aussi ne plus se mettre en colère parce qu’elle se tait systématiquement, se dévalorise ou évite tout conflit par peur d’être abandonnée.
De la même manière :
ne plus envoyer vingt messages peut montrer une meilleure régulation, ou la conviction de ne pas mériter de réponse ;
ne plus rompre après chaque dispute peut traduire plus de stabilité, ou la peur d’accepter n’importe quoi pour ne pas rester seul ;
vivre moins de relations chaotiques peut montrer une meilleure sélection des liens, ou un isolement destiné à éviter tout attachement.
Il faut donc observer non seulement ce que la personne ne fait plus, mais aussi :
ce qu’elle ressent ;
ce qu’elle fait à la place ;
le prix émotionnel de son contrôle ;
sa capacité à exprimer ses besoins ;
la qualité de ses relations ;
son fonctionnement quotidien.
Les études à long terme montrent précisément que la diminution des critères diagnostiques peut être plus rapide que l’amélioration du fonctionnement social. Dans un suivi sur dix ans, 85 % des participants ont connu une rémission diagnostique, alors que les difficultés sociales restaient sévères et ne s’amélioraient que modestement.
Un symptôme peut avoir véritablement diminué, être mieux régulé ou simplement avoir changé de forme. Ces trois situations ne racontent pas exactement la même évolution.
⏳ Est-ce réellement l’âge qui diminue les symptômes borderline ?
L’âge peut accompagner une diminution des symptômes, mais il n’agit pas seul.
Plusieurs facteurs peuvent se combiner :
une diminution moyenne de l’impulsivité au cours de l’âge adulte ;
l’expérience des conséquences de certaines décisions ;
une meilleure connaissance des déclencheurs ;
un environnement devenu plus stable ;
l’éloignement de certaines situations à risque ;
une psychothérapie ;
une réduction de l’alcool ou d’autres consommations ;
l’apprentissage de stratégies de régulation émotionnelle ;
une capacité plus grande à demander de l’aide.
Les études comparant différents âges ne permettent pas toujours de séparer précisément les effets du vieillissement, de l’expérience, des traitements et des conditions de vie.
Les recommandations 2024 de l’American Psychiatric Association placent une psychothérapie structurée, soutenue par les données disponibles et ciblant les caractéristiques centrales du trouble, au cœur de la prise en charge. Elles recommandent également un projet thérapeutique complet et centré sur la personne.
Il ne faut donc pas conseiller à quelqu’un d’attendre simplement de vieillir.
Le temps peut offrir des occasions d’apprendre et d’évoluer, mais un accompagnement adapté peut rendre ce parcours moins dangereux et moins solitaire.
🌤️ Comment reconnaître une véritable amélioration ?
Une amélioration ne se mesure pas uniquement au nombre de symptômes encore présents.
Elle peut apparaître lorsque la personne :
retrouve son calme plus rapidement ;
reconnaît plus tôt qu’elle se sent rejetée ;
diffère une décision importante ;
demande une clarification plutôt que d’imaginer le pire ;
traverse une émotion sans se mettre en danger ;
répare plus facilement une relation après un conflit ;
pose une limite sans couper brutalement le lien ;
conserve une activité pendant une période difficile ;
demande de l’aide avant d’atteindre le point de rupture ;
se traite avec moins de violence après une erreur.
Une personne peut donc encore ressentir une émotion intense tout en ayant profondément modifié ce qu’elle en fait.
À l’inverse, ne plus remplir un critère diagnostique ne signifie pas automatiquement que tout va bien. La souffrance intérieure, les relations, l’autonomie, le travail et la qualité de vie doivent également être pris en compte. Le NICE recommande précisément de suivre une gamme large de résultats, et pas seulement les symptômes du diagnostic.
À retenir 🧠 Les manifestations les plus impulsives et certains comportements de crise diminuent souvent plus rapidement. Les difficultés liées au vide, à l’abandon, à la solitude ou à l’identité peuvent évoluer plus lentement.
Aucun symptôme n’est toutefois condamné à rester identique et aucune amélioration ne suit un calendrier universel.
🧠 Conclusion — Les comportements peuvent s’apaiser avant la souffrance intérieure
Certains symptômes du trouble borderline peuvent diminuer avec l’âge. Les études de suivi et certaines comparaisons entre groupes d’âge retrouvent notamment un recul fréquent de l’impulsivité, des automutilations, de certaines conduites suicidaires et de plusieurs manifestations relationnelles chaotiques.
Une crise moins longue, une décision différée ou une mise en danger évitée constituent des changements importants.
Mais les symptômes n’évoluent pas tous au même rythme.
La peur de l’abandon, l’intolérance à la solitude, le sentiment de vide, la colère chronique ou certaines difficultés identitaires peuvent persister plus longtemps. Ils peuvent également devenir moins visibles parce que la personne apprend à les contenir ou à éviter les situations qui les réveillent.
Une diminution apparente peut donc refléter :
une véritable régulation ;
un environnement plus sécurisant ;
un meilleur contrôle au prix d’un effort important ;
un retrait relationnel ;
ou une souffrance devenue plus silencieuse.
L’âge peut accompagner ces transformations, mais il ne suffit pas à les provoquer. L’expérience, les relations, la stabilité du cadre de vie et un accompagnement adapté influencent aussi la manière dont le trouble s’exprime.
La question essentielle n’est finalement pas seulement :
« Ce symptôme existe-t-il encore ? »
Elle est aussi :
Quelle place occupe-t-il désormais dans la vie de la personne, et possède-t-elle davantage de liberté pour choisir sa réaction ?
Le caractère durable du diagnostic ne signifie donc pas que toutes ses manifestations resteront identiques. L’article Le trouble borderline est-il permanent ? approfondit précisément cette distinction.
📌 Mini-résumé
Les symptômes borderline qui diminuent le plus souvent avec l’âge sont l’impulsivité, certains comportements à risque, les comportements autodestructeurs et plusieurs crises relationnelles visibles.
Les difficultés liées à l’abandon, au vide intérieur, à la solitude, à la colère chronique et à l’identité peuvent évoluer plus lentement.
Un symptôme moins visible peut être réellement apaisé, mieux régulé ou simplement exprimé autrement.
L’évolution dépend du temps, mais aussi de l’accompagnement, de l’environnement, des relations et des événements vécus.
🔊 Aller plus loin avec le podcast Ensemble Borderline
Le podcast Ensemble Borderline propose des capsules courtes consacrées aux émotions intenses, aux relations, à la peur de l’abandon et aux comportements parfois difficiles à comprendre.
Tous les symptômes borderline diminuent-ils avec l’âge ?
Non. Les manifestations impulsives et certains comportements de crise diminuent plus fréquemment. Les difficultés émotionnelles, identitaires et relationnelles peuvent persister plus longtemps ou changer de forme.
À quel âge les symptômes borderline commencent-ils à diminuer ?
Il n’existe pas d’âge précis. Des différences sont observées entre l’adolescence, le début de l’âge adulte et les périodes suivantes, mais la trajectoire dépend fortement de la personne, de son environnement et de l’accompagnement reçu.
L’impulsivité disparaît-elle complètement ?
Pas nécessairement. Elle peut devenir moins fréquente ou plus facile à contrôler. La personne peut toujours ressentir une forte envie d’agir, mais parvenir plus souvent à attendre avant de prendre une décision.
La peur de l’abandon diminue-t-elle avec l’âge ?
Elle peut s’atténuer, mais elle fait partie des difficultés susceptibles d’évoluer plus lentement. Elle peut aussi devenir moins visible lorsque la personne se retire des relations ou quitte avant de risquer d’être abandonnée.
Le sentiment de vide peut-il diminuer ?
Oui. Il peut perdre en intensité ou devenir plus supportable, mais son évolution peut être plus lente que celle de certaines manifestations impulsives. Il peut également devenir plus visible lorsque les comportements utilisés pour le masquer diminuent.
Moins de crises signifie-t-il que la personne est guérie ?
Pas nécessairement. Les crises peuvent être mieux régulées, remplacées par du retrait ou devenir moins fréquentes grâce à un environnement différent. La souffrance intérieure et le fonctionnement quotidien doivent également être pris en compte.
Une thérapie peut-elle aider les symptômes à diminuer ?
Oui. Une psychothérapie structurée peut aider à travailler l’impulsivité, la régulation émotionnelle et les difficultés relationnelles. Elle constitue le cœur de la prise en charge recommandé par l’American Psychiatric Association.